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« Nous allons bientôt dépasser les 200 fonds labellisés Relance »

Paul-Simon Bénac, adjoint au chef du bureau Épargne et marchés financiers au Trésor, dresse le bilan du label Relance destiné à accompagner le financement des PME et ETI. Un label qui gagne à être connu par les épargnants souhaitant soutenir les sociétés et l’emploi en France.

Paul-Simon Bénac, adjoint au chef du bureau Épargne et marchés financiers au Trésor

Encore plutôt méconnu des épargnants, le label Relance va bientôt fêter sa première bougie. Pouvez-vous nous rappeler sa genèse et son fonctionnement ?

Paul-Simon Bénac : Partant du constat de la surabondance de l’épargne et des besoins de financements des entreprises encore plus important depuis la pandémie, le gouvernement a décidé de créer le label Relance en octobre 2020. Il s’agit d’une des mesures prise dans le cadre de son vaste plan de relance. Ce label vise ainsi à aider les épargnants à identifier les placements répondant aux enjeux du financement des entreprises françaises, notamment des PME et ETI. Il permet de donner du sens à son épargne en soutenant des sociétés et des emplois en France.

Quels sont les critères d’attribution ?

Paul-Simon Bénac : Pour obtenir le label Relance, un fonds (dédié aux marchés coté ou non coté) doit respecter une série de règles. La première : investir massivement, en fonds propres ou quasi-fonds propres, dans des entreprises françaises. Le ratio dépend de la nature de l’investissement : au minimum 30% lorsqu’il s’agit de fonds propres et 60% pour les quasi-fonds propres (produit de dette). La part des PME et ETI doit quant à elle atteindre entre 10 et 20%. Deuxième critère : apporter de l’argent frais à ces sociétés. Il ne suffit pas de racheter des actions sur le marché secondaire, mais il faut aussi participer aux augmentations de capital, introductions en Bourse…. Troisième point : le gérant s’engage à prendre en compte un ensemble de critères ESG (environnemental, social et de bonne gouvernance) dans son investissement et sur le plan actionnarial. Par exemple, il doit construire un portefeuille d’investissement plus vertueux en matière de score ESG (environnemental, social et de gouvernance) que son indice de référence ou s’engager à faire progresser le score ESG de ses participations sur la durée de détention. Il doit aussi exclure les investissements liés au charbon.

Quel bilan pouvez-vous déjà dresser de ce label ?

Paul-Simon Bénac : A la fin du mois d’août, nous avions labellisé 199 fonds. Chaque mois, nous avons de nouveaux candidats. Nous allons donc rapidement dépasser les 200 fonds labellisés Relance. Au total ce sont près de 70 sociétés de gestion concernées et un encours de 22 milliards d’euros. Nous avons des retours très positifs de la profession. De plus en plus d’acteurs structurent une offre avec des fonds labellisés Relance, c’est le cas notamment dans l’assurance vie. C’est une bonne chose pour les épargnants qui commencent à avoir une offre de fonds labellisés diversifiée et répondant à leurs différents profils de risque.

Comment ce label est-il contrôlé et a-t-il vocation à durer ?

Paul-Simon Bénac : Nous sommes en mesure d’apporter une réponse assez rapide aux acteurs souhaitant obtenir le label Relance car nos critères sont très simples et centrés sur l’essentiel. Facilement vérifiables, ils doivent être inscrits dans la documentation juridique des fonds. Nous inspectons par ailleurs tous les semestres, par le biais de reportings transmis par les sociétés de gestion, qu’ils soient toujours bel et bien respectés. Concernant son existence, tout comme le plan relance, ce label n’a pas vocation à perdurer dans le temps. Le Trésor va labelliser des fonds jusqu’à la fin de l’année 2022. Les fonds obtiennent ce label pour une durée de quatre ans.    

Retrouvez sur le site du Trésor la liste complète des fonds labellisés à fin août.