En concurrence avec les grands acteurs du secteur comme CapGemini, Accenture ou le fonds d’investissement Silver Lake, le leader européen de l’ingénierie et du conseil en haute technologie est parvenu à racheter la société indienne Aricent pour une valeur d’entreprise de 2 milliards de dollars, soit 1,7 milliard d’euros.

Il s’agit donc d’une opération d’envergure et structurante pour Altran qui lui permettra dès l’an prochain d’atteindre avec trois ans d’avance sur le calendrier initial les objectifs de son plan Ignition visant à l’horizon 2020 plus de 3 milliards de chiffre d’affaires, une marge opérationnelle courante de 13% et une génération de flux nets de trésorerie équivalent à 7% du chiffre d’affaires.

En intégrant les 650 millions d’euros de revenus et la marge opérationnelle courante de 20,6% de cette nouvelle filiale spécialisée dans les services de design et d’ingénierie dans le domaine du digital à destination des secteurs des télécoms, semi-conducteurs et éditeurs de logiciels, Altran affichera un volume d’activité de l’ordre de 2,9 milliards réparti entre l’Europe (46% hors France), l’hexagone (33%) et un pôle Etats-Unis/Asie (22%). La rentabilité opérationnelle grimpera autour de 12,7% (contre 10,4% en 2016) et la génération de flux nets de trésorerie atteindra 10% du chiffre d’affaires. 

Rachat d’Aricent par Altran : cher, mais pertinent

Et ce, avant la mise en œuvre sur trois ans de synergie estimée à 150 millions d’euros au niveau des facturations et à 50 millions d’économies. Les multiples d’acquisition d’Aricent sont assez élevés puisqu’ils ressortent en termes de valeur d’entreprise à 10,6 fois l’excédent brut d’exploitation (avant synergies) et à 14,4 fois le résultat opérationnel (avant synergies) mais la cible est deux fois plus rentable qu’Altran (20,6% contre 10,4%). Elle lui permet de prendre une position significative aux Etats-Unis en devenant le numéro un des services d’ingénierie et de conseils (hors services financiers) et de renforcer ses compétences sur des niches à très forte valeur ajoutée.

Financée grâce à une augmentation de capital de 750 millions, l’opération aura un impact positif sur le bénéfice net par action dès 2018.

Même si les risques d’intégration ne doivent pas être écartés, Altran réalise une acquisition très pertinente susceptible de revaloriser son titre en Bourse, une fois l’appel au marché bouclé.

Nous renouvelons notre « avis plutôt positif ».

Les plus et les moins du dossier

+ La capacité d’amélioration des marges

+ L’annonce d’un nouveau plan début 2018

– Les risques d’intégration de la nouvelle filiale