Rien ne va plus pour  Elior. Son titre abandonne près de 36% par rapport à son record historique de 26,06 euros inscrit le 5 juin et revient à des niveaux inégalés depuis le mois de mai 2015 non loin du cours de 14,75 euros auquel il avait été introduit en Bourse le 11 juin 2014. Que s’est-il passé ? 

Sa chute s’est déroulée en deux étapes. La première intervenue mi-novembre coïncide avec la révision en baisse des perspectives sur la marge brute d’exploitation espérée sur l’exercice 2016/2017 déjà clos fin septembre et trois semaines avant la publication des comptes. Alors que la rentabilité devait s’apprécier initialement de 20 à 30 points de base, le groupe annonce finalement une contraction prévisible de 20 points de base. Une annonce sanctionnée au prix fort : le titre perd un quart de sa capitalisation boursière en l’espace de deux séances, les 17 et 20 novembre.

Elior table sur une stabilité de la rentabilité 

Deuxième alerte, le 6 décembre, date à laquelle le groupe dévoile ses comptes annuels et ses perspectives. En retrait de 0,2 point à 8,3%, la marge brute d’exploitation est en ligne avec les attentes du marché mais c’est, en revanche, sur les ambitions que la société déçoit en tablant sur une stabilité de la rentabilité.

En cause, l’effort d’investissement sur 2017 et 2018 de près de 300 millions par an équivalent à 4,5% du chiffre d’affaires (contre une moyenne historique à 3,2%) va augmenter les charges d’amortissement et peser sur la marge. Il consiste à rénover les restaurants situés sur les aires d’autoroute en France et à investir dans l’outil informatique en vue d’optimiser la gestion de la société.

L’impact positif de ces mesures sera perceptible à long terme mais en attendant, elles vont peser sur la trajectoire de la rentabilité. Le problème est que cette stratégie d’investissement est prévue pour durer jusqu’en 2021. 

L’autre déconvenue réside au niveau de la situation financière de l’entreprise. Celle-ci demeure tendue avec un endettement net équivalent à 3 fois l’excédent brut d’exploitation malgré le recours à la titrisation de créances commerciales pour un montant de 195 millions qui réduit le passif d’autant.

En juin, un nouveau plan stratégique

Elior se trouve ainsi limité dans sa capacité à continuer de réaliser des opérations de croissance externe et a d’ailleurs décidé dorénavant de payer son dividende en actions pour ne pas aggraver la situation.

Il convient donc de rester extrêmement prudent sur le titre. A 13,9 fois la valeur d’entreprise sur l’excédent brut d’exploitation attendu pour 2018, le titre est cher par rapport à un multiple moyen de 12,6 fois observé en moyenne depuis son introduction en Bourse. Le titre pourrait rester sous pression jusqu’à la présentation en juin prochain du plan stratégique du nouveau directeur général, Philippe Guillemot.

Notre conseil : restez à l’écart d’Elior (code : ELIOR).