En léger recul, l’action Nexans réagit de façon décevante à la présentation d’un nouveau plan stratégique à cinq ans baptisé “Paced for Growth” (en marche pour la croissance). Le précédent programme “Nexans in Motion” a permis sur la période 2015-2017 de restaurer la profitabilité du groupe en réduisant la structure de coûts et en étant plus sélectif dans la réponse des appels d’offre pour ne conserver que les projets rentables. Et ce, dans un contexte fortement concurrentiel puisque l’érosion des prix de vente a été évaluée ces dernières années chez Nexans à un manque à gagner compris entre 70 et 75 millions d’euros par an dont une partie provient de la crise observée entre 2014 et 2016 dans le secteur du pétrole et du gaz.

Reste que Nexans est parvenu à ses fins puisque l’excédent brut d’exploitation a fortement augmenté sur la période 2014-2017 pour passer de 288 à 410 millions à partir d’un chiffre d’affaires quasi stable à 4,6 milliards.

Désormais la priorité est de mettre le cap sur la croissance rentable en dépassant le simple rôle de fabricant de câbles. L’objectif est d’apporter de la valeur ajoutée dans les solutions proposées aux clients en intégrant plus de services en vue de profiter des révolutions technologiques actuellement en cours que ce soit dans la transition énergétique, dans l’explosion des échanges de données et dans l’urbanisation des villes. Des marchés potentiellement très importants pour Nexans désormais organisé en quatre métiers (la haute tension et les projets sous-marins, les télécoms et le traitement des données, l’industrie et le manufacturier, et le bâtiment et l’aménagement des villes).

Une ambition prudente

Les objectifs financiers à l’horizon 2022 est sur les 5 prochaines années de faire progresser le chiffre d’affaires de l’ordre de 25% sur son périmètre actuel, ce qui correspond à une croissance organique de 5% par an en moyenne et de générer 1,5 à 2 milliards de revenus supplémentaires grâce à des acquisitions sélectives destinées à accroître les compétences du groupe dans chacun de ses quatre métiers.

L’amélioration de 1 point de la marge brute d’exploitation à 10% (contre 9% actuellement) peut paraître décevante mais il s’agit d’une cible très conservatrice. Le groupe s’est en effet gardé une marge de manœuvre 1 point de rentabilité brute d’exploitation pour faire face à d’éventuels risques d’exécution du plan stratégique mais les projections dans chacun des quatre métiers doivent conduire à un gain de 2 points de marge.

A 15,2 et 13,4 fois les profits pour cette année et 2018, le titre n’est pas cher en relatif par rapport au reste du marché. Nous restons confiants dans la poursuite de la revalorisation du cours de Bourse. Notre avis « plutôt positif » est reconduit. 

Les plus et les moins du dossier
+ Forte réduction de l’endettement net
+ Visibilité sur le nouveau plan stratégique
– Profil cyclique.