Les marchés n’ont pas été surpris par le ralentissement de la dynamique du groupe Rémy Cointreau au cours du troisième trimestre de l’exercice 2017/2018. La croissance organique est retombée à 3,2% sur cette période après 6,2% au deuxième trimestre et +8% au premier. Ce phénomène s’explique assez facilement par le calendrier tardif du nouvel an chinois qui se traduira par un rattrapage au dernier trimestre. Retraité de cet effet calendaire, la croissance aurait été proche de 6%.

L’autre caractéristique du troisième trimestre concerne l’évolution défavorable des taux de change qui s’est traduite par un manque à gagner de 16,4 millions d’euros sur le chiffre d’affaires alors que l’impact était resté limité à 6,3 millions d’euros sur l’ensemble du premier semestre. L’essentiel provient de la baisse du dollar américain et dans une moindre mesure du yuan et du dollar de Hong Kong. Cette tendance devrait malheureusement se poursuivre sur le dernier trimestre, si bien que les devises pourraient pénaliser le résultat opérationnel d’une quinzaine de millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice.

Excepté le phénomène de devises, sur lequel Rémy Cointreau n’a pas beaucoup d’emprise en dehors des couvertures de change, les affaires continuent d’évoluer favorablement, notamment en ce qui concerne la marque de cognac, Rémy Martin, qui représente à elle seule les deux tiers du chiffre d’affaires du groupe. Au cours du troisième trimestre, elle a encore affiché une croissance organique de 5,5% malgré le calendrier tardif du nouvel an chinois.

Les ventes en Chine bien orientées

Les ventes en grande Chine restent particulièrement bien orientées, tandis que la reprise observée aux Etats-Unis depuis le deuxième trimestre se confirme. Rémy Cointreau a également réalisé de bons scores en Russie, en Afrique et dans le réseau du travel retail. Logiquement, la dynamique du cognac devrait accélérer sur le dernier trimestre avec l’effet rattrapage lié au décalage du nouvel an chinois. De bon augure pour les résultats dans la mesure où le Cognac est de loin la division la plus rentable du groupe.

La division liqueur et spiritueux ne démérite pas pour autant avec une croissance organique proche de 3% sur le troisième trimestre qui reflète les bonnes performances de la boisson alcoolisée grecque, Metaxa, et des whiskies, masquées par la déconsolidation de la marque Passoa.

Au regard de ces éléments, la direction confirme l’objectif d’une croissance du résultat opérationnel courant sur l’exercice 2017/2018 qui sera clos le 31 mars prochain, à périmètre et taux de change constants. Si la dynamique s’annonce plus soutenue au dernier trimestre, le groupe devrait parallèlement poursuivre ses efforts d’investissements sur les marques. Le consensus estime cette croissance du résultat autour de 7%, si bien qu’après l’effet devise, le bénéfice pourrait ressortir à environ 150 millions d’euros. Cette prévision est capitalisée plus de 35 fois sur la base des cours actuels, ce qui traduit une valorisation très élevée.

Il en a toutefois toujours été ainsi pour Rémy Cointreau dont les qualités restent uniques avec des marques protégées par de fortes barrières à l’entrée et des perspectives de croissance soutenue en Asie et aux Etats-Unis. La poursuite de la stratégie de montée en gamme laisse par ailleurs espérer un potentiel supplémentaire d’amélioration des marges pour les prochaines années, alors que la marge nette atteint déjà 14%. Enfin l’actionnariat familial confère au dossier une certaine dimension spéculative.

Les plus du dossier :
+ un modèle économique très rentable
+des marques puissantes et protégées
+un potentiel de croissance important en Asie et aux Etats-Unis