Perrnod Ricard, le géant français des spiritueux a le vent en poupe. Au point qu’il vient de se permettre de relever ses prévisions de résultats annuels à l’occasion de la publication de comptes semestriels de grande qualité. Sur la période allant de juillet à décembre, le chiffre d’affaire a progressé de 5,1% à périmètre et taux de changes constants (5,08 milliards d’euros). Et cette tendance a été presque comparable au deuxième trimestre malgré un effet négatif lié au décalage du nouvel an chinois par rapport à l’année précédente. Cela signifie que la dynamique a été soutenue dans la plupart des régions, notamment l’Asie (+7%) et l’Amérique (+6%).

A noter que la situation en Inde s’est améliorée grâce à un effet de base positif par rapport à l’année précédente. Cette dernière a été affectée par la démonétisation des grosses coupures et la mise en place d’une taxe sur les ventes près des grands axes routiers. Même constat positif sur les principales marques phares du portefeuille, en particulier le cognac Martell dont les volumes ont bondi de 8% sur le semestre, avec un effet prix positif de 3%. La meilleure performance revient toutefois au whisky Jameson (+11% en volume avec un effet prix de 1%).

La direction de Pernod Ricard plus sereine

La capacité du groupe Pernod Ricard à augmenter à nouveaux ses prix et à progresser significativement sur les produits à forte valeur ajoutée, comme le cognac Martell, se retrouve au niveau de la rentabilité puisque la marge opérationnelle à devises constantes s’est améliorée de 21 points de base. Et si en valeur absolue, le résultat opérationnel courant stagne à 1,5 milliard d’euros, c’est uniquement à cause de l’évolution défavorable des taux de changes (faiblesse du dollar notamment).

Son impact sur l’ensemble de l’exercice est désormais estimé à 180 millions d’euros (125 millions précédemment). Compte tenu de ce bon premier semestre, la direction de Pernod Ricard peut désormais envisager l’avenir plus sereinement. Elle table sur une croissance interne du résultat opérationnel courant comprise entre 4% et 6% contre une fourchette précédente comprise entre 2% et 4%. De quoi compenser l’impact négatif de change qui sera très important.

Une accélération du régime

La deuxième partie de l’année se présente en effet sous de bons auspices avec une base de comparaison plus favorable liée au décalage du nouvel an chinois, à la normalisation du marché des spiritueux en Inde, où les marques de whiskies locales détiennent de fortes positions, ainsi qu’à la bonne dynamique générale des grandes marques du portefeuille, Martell en tête.

Pour l’heure, les signaux relatifs à la croissance mondiale vont plus dans le sens d’une accélération que d’une baisse de régime, de sorte que les ventes en Chine et aux Etats-Unis devraient continuer de tirer les ventes du groupe. Après une faible progression cette année liée aux effets de change, le bénéfice devrait repartir sur une progression à deux chiffres au cours des deux exercices suivants. Le multiple de capitalisation des profits  de 20,5 fois à l’horizon 2019 n’est pas encore excessif.

Satisfaction aussi un niveau du bilan puisque grâce à une belle génération de cash, la dette nette de Pernod Ricard a diminué de 476 millions d’euros en un an. Elle représente moins de 3 fois l’excédent brut d’exploitation, ce qui va donner au groupe un marge de manœuvre pour améliorer son dividende, ou pourquoi pas mettre en place un programme de rachat de ses propres actions, ce qui permettrait au passage à la famille Ricard de se renforcer au capital.

Pour toutes ces raisons, notre avis est plutôt positif sur la valeur.

Les plus et les moins du dossier Pernod  Ricard :

+ : une conjoncture favorable

+ : des marques dynamiques

– : des effets de change défavorables