« Nous sommes prêts ». C’est le message adressé par le président, Jean-Paul Agon aux investisseurs après une question sur l’avenir de la participation que détient encore Nestlé dans le capital du numéro un mondial des cosmétiques (23%). Autrement dit, L’Oréal aurait les moyens d’acquérir ce bloc dont la valeur tourne autour de 22 milliards d’euros.

Il faut dire que les fondamentaux du groupe n’ont jamais été aussi solides. En 2017, la marge opérationnelle a atteint un record en s’établissant à 18% du chiffre d’affaires. Certes, la déconsolidation de la société The Body Shop, moins rentable que les autres activités, y a contribué, mais la performance n’en reste pas moins solide sachant que L’Oréal a accentué ses efforts de marketing et de recherche et développement pour accroître ses parts de marché. Le bénéfice a quant à lui bondi de 15,3% pour s’établir à 3,58 milliards d’euros grâce à des éléments exceptionnels plus favorables qu’en 2016.

Cela se traduit par une belle génération de cash flow net (+19,6%) et donc par un renforcement du bilan. A la fin de l’exercice 2017, L’Oréal était à la tête d’une trésorerie nette de 1,87 milliards d’euros (481 millions à la fin de 2016) et de près de 25 milliards d’euros de fonds propres. Peut-être pas suffisant pour reprendre le bloc de titres détenu par Nestlé, mais le géant des cosmétiques à un autre atout dans sa besace pour réaliser une telle opération puisqu’il peut monnayer rapidement sa participation de 9,1% dans le capital du laboratoire pharmaceutique, Sanofi, valorisé plus de 7 milliards d’euros.

Des acquisitions en vue ?

Cela n’empêche pas l’Oréal de réfléchir aussi à des acquisitions comme cela fut le cas l’an dernier avec le rachat des marques de soins, CeraVe, pour 1,3 milliard de dollars. Mais le groupe n’en a pas forcément besoin car le marché mondial des cosmétiques devrait encore progresser significativement ces prochaines années avec l’émergence des classes moyennes dans le monde (cela concerne une population nouvelle adressable de 2,4 milliards de personnes entre 2015 et 2030) et l’essor parallèle du segment du luxe qui a particulièrement brillé l’an dernier (croissance organique de 10,5%) grâce aux marques Lancôme, Saint Laurent ou Kiehl’s. Si certains marchés restent difficiles comme sur le segment des produits grand public en France, ou même aux Etats-Unis, les nouveaux marchés (essentiellement émergents) se portent bien. Les ventes y ont progressé de 8,9% en organique en 2017 pour dépasser pour la première fois les 10 milliards d’euros, soit 40% du chiffre d’affaire total.

Raison pour laquelle Jean-Paul Agon peut se montrer assez optimiste en tablant pour cette année sur une nouvelle surperformance du marché mondial des cosmétiques et sur une croissance « significative » du chiffre d’affaires, assortie d’une amélioration de la rentabilité.

L’élévation du mix produit et l’effet volume permettent, en effet, de tabler sur une marge opérationnelle d’environ 18,3% qui marquerait un nouveau record malgré des effets de changes très négatifs. Cette confiance dans l’avenir se traduit par une progression de 7,5% du dividende (3,55 euros par action) ainsi que du taux de distribution des bénéfices qui passe en un an de 51,1% à 53,4%, là aussi un niveau record.

Nous maintenons notre avis plutôt positif sur le titre L’Oréal.

Les plus et les moins du dossier
+ Un marché porteur
+ Un bilan solide
– Un effet devises défavorable