Michelin: un pricing power intact

Malgré la hausse des matières premières, sur l’ensemble de l’année, les prix chez Michelin ont augmenté en moyenne de 2,5%, confirmant le « pricing power » intact du groupe.

Le défi de Michelin n’était pas simple à relever en 2017. Il s’agissait de faire face à une envolée des prix des matières premières et à une nette dégradation des parités de change. Malgré cela, le géant français du pneu ne s’en est pas si mal tiré puisqu’il a augmenté son chiffre d’affaires de 5% pour le hisser à 21,96 milliards d’euros et dégagé un bénéfice record de 1,69 milliard d’euros, en progression de 1,5%. Seule la marge opérationnelle observe un léger tassement de 0,4 point en se maintenant malgré tout à un niveau très élevé de 12,5% du chiffre d’affaires.

Michelin a augmenté ses prix

L’impact de la hausse des matières premières a pourtant amputé le résultat opérationnel de Michelin de 738 millions d’euros, tandis que l’effet défavorable des variations de change a aussi pesé à hauteur de 95 millions d’euros. Mais Bibendum avait pris les devants en procédant à des hausses régulières de ses propres tarifs pour compenser ces effets. Sur l’ensemble de l’année, les prix ont ainsi augmenté en moyenne de 2,5%, confirmant le « pricing power » intact du groupe, c’est-à-dire sa capacité à imposer ses prix aux clients. Seule une part marginal de l’inflation des coûts n’a pas pu être répercuté (70 millions d’euros) en raison de décalages d‘application des clauses d’indexation.

L’autre explication de cette bonne résistance réside dans le rebond de 15% du marché des pneus pour le Génie Civil après trois années de déclin. La fin du déstockage et la reprise des activités minières  sont d’autant plus bienvenus que c’est sur ce segment de pneus que Michelin réalise ses meilleures marges. Ainsi, si la rentabilité des pneus voiture et des pneus poids lourd a un peu baissé dans un contexte concurrentiel plus marqué, la marge opérationnelle des pneus de spécialité a progressé de 2 points pour représenter 20% du chiffre d’affaires de la division, soit deux fois plus que la marge du poids lourd.

Des matières premières encore sous tension

Les investisseurs ont par ailleurs été satisfait de la très bonne génération de cash du groupe  (1,5 milliard d’euros avant acquisitions et 662 millions après) qui a permis de ramener l’endettement net à un niveau négligeable de 716 millions d’euros, soit 6% seulement du montant des fonds propres (9% un an plus tôt). Raison pour laquelle le groupe peut faire un effort sur le dividende qui va progresser de 9,2% pour atteindre 3,55 euros par action sur la base d’un taux de distribution de 36%.

L’année 2018 devrait s’inscrire dans la continuité de 2017 avec des défis identiques à relever. La direction s’attend à un nouveau renchérissement du coût des matières premières (entre 50 et 100 millions d’euros), avec un impact plus important de l’effet de changes qui pourrait amputer le résultat opérationnel de 300 millions d’euros, ce qui est significatif. De nouvelles hausses de prix seront donc passées pour faire face à ces ventes contraires, tandis que celle mises en oeuvre en 2017 joueront en année pleine.

Cela devrait permettre à Michelin d’améliorer une nouvelle fois son résultat opérationnel courant, hors effet de change. Les objectifs fixés à l’horizon 2020, visant notamment à générer un cash-flow libre structurel supérieur à 1,4 milliard d’euros et un retour sur capitaux investis d’au moins 15% paraissent dans ces condition très crédibles. A 11,7 fois les profits attendus pour cette année, le dossier ne nous semble pas excessivement valorisé au regard de la solidité des fondamentaux du groupe et de son pricing power intact.

Pour toutes ces raisons, notre avis est « plutôt positif » sur Michelin

 

Les plus et les moins du dossier :

+une bonne capacité à augmenter les prix

+un bilan très solide

-en environnement devise et matières premières difficile

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