Plastic Omnium est bien parti pour tenir son objectif consistant à franchir le cap symbolique des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2021, en tenant compte de l’activité de ses coentreprises. L’an dernier cet indicateur a fortement progressé de 15,4% pour atteindre 8 milliards d’euros.

L’intégration en année pleine des activités pare-chocs reprises à Faurecia, en juillet 2016, a certes accentué cette tendance, mais à données comparables, le chiffre d’affaires de la division automobile aurait tout de même progressé de 10,8% soit près de 9 points de plus que la production automobile mondiale.

Ce ne sont pas moins de 126 nouveaux programmes qui ont été lancés avec succès en 2017 et la présence du groupe sur les marchés les plus dynamiques comme la Chine (9% du chiffre d’affaires), ainsi que sur le segment des SUV aura été un facteur de succès indéniable.

Amélioration de la rentabilité

Ce développement soutenu s’accompagne d’une amélioration de la rentabilité liée à l’effet de taille, les charges fixes étant de mieux en mieux absorbées par les volumes. Si de prime abord la marge opérationnelle a stagné à 9,5% du chiffre d’affaires, la réalité est toute autre dans la mesure où l’intégration en année pleine des anciennes activités de Faurecia (contre 6 mois en 2016) a eu un impact plus dilutif sur la marge.

En données « proforma », la marge serait passée de 9% à 9,5% entre 2016 et 2017. Et elle devrait continuer de s’améliorer car l’intégration des activités de Faurecia va beaucoup plus vite que prévu. Depuis leur entrée dans le périmètre de Plastic Omnium, leur rentabilité a doublé pour évoluer autour de 7% et la direction espère bien la hisser progressivement aux standards du groupe. C’est un levier de progrès mais pas le seul. La croissance des activités devrait en effet rester soutenue sur les trois prochaines années au vu des commandes engrangées en 2016 et 2017. Plastic Omnium a construit 6 nouvelles usines en deux ans pour les honorer et devrait ainsi progressivement bénéficier d’une meilleure saturation de ses capacités de production.

La visibilité à court terme reste par conséquent excellente. Le principal défi à relever est désormais celui de la voiture propre et autonome pour lequel pour lequel Plastic Omnium a déjà beaucoup investi avec des avancées déjà très prometteuses en matière de carrosserie intelligente et de nouveaux modes de propulsion. Le groupe dirigé par Laurent Burelle ambitionne ainsi de devenir le leader mondial des modules extérieurs connectés et un acteur majeur de la propulsion via la pile à combustible.

Des acquisitions de briques technologiques ne doivent donc pas être exclues. Raison pour laquelle la politique de distribution reste pour le moment mesurée (23% du bénéfice sont retournés aux actionnaires sous forme de dividende). Avec un endettement net contenu à 32% des fonds propres à la fin de l’année 2017, l’équipementier a les moyens de ses ambitions d’autant qu’il va bientôt pouvoir compter sur le vente de son pôle environnement (bacs, poubelles et conteneurs de déchets), devenu marginal dans son périmètre d’activité.

Compte tenu d’un effet de change très défavorable cette année et en dépit d’une baisse d’environ 2 points du taux d’impôt liée à la réforme fiscale américaine, le bénéfice pourrait progresser modestement de 5% cette année, autour de 445 millions d’euros avant de renouer avec une croissance à deux chiffres dès 2019 (490 millions). Ces estimations sont capitalisées respectivement 13,5 fois et 12,2 fois, ce qui n’est pas excessif pour une société de croissance toujours aussi bien gérée.

Notre avis sur Plastic Omnium est positif

Les plus du dossier :
+ une présence sur les marchés les plus dynamiques
+ une forte capacité d’innovation
+ Un bilan solide