Lagardère: décote et rendement au menu mais faibles perspectives

La publication des résultats de Lagardère a été accueillie fraîchement par les marchés. Surtout, la prévision d’une stagnation du résultat opérationnel courant pour 2018 a du mal à passer.

Les résultats publiés par Lagardère au titre de l’exercice 2017 ont été fraîchement accueillis par les investisseurs. La performance en elle-même est assez conforme aux attentes puisque le résultat opérationnel courant est ressorti en hausse de 6,7%, en plein milieu de la fourchette du management fixée entre +5% et +8%.

Ceci, grâce à la belle dynamique du pôle Travel Retail (commerces dans les lieux de voyage), dont le chiffre d’affaires et le résultat opérationnel ont progressé de respectivement 9,1% et de 17,8%, avec un gain de marge de 0,3 point à la clé.

Les marchés semblent avoir été un peu déçus par le bénéfice qui ne progresse de 2,3% que grâce à l’activation de déficits reportables et au remboursement de la taxe sur les dividendes. Et surtout, la prévision d’une stagnation du résultat opérationnel courant pour 2018 a du mal à passer.

Le groupe dirigé par Arnaud Lagardère va en effet subir une base de comparaison difficile sur plusieurs métiers comme l’édition (absence de réforme scolaire) ou le sport du fait d’un calendrier d’événements moins fourni.

Le dividende de Lagardère, un vrai atout

Malgré une diminution assez nette du cash-flow libre en 2017 (283 millions d’euros contre 464 millions en 2016) liée à une hausse du besoin en fonds de roulement et à de moindres cessions immobilières, le dividende va être maintenu à 1,30 euro par action.

Il représente un des principaux atouts du dossier dans la mesure où il procure un beau rendement de plus de 5,5% et il parait pérenne dans la mesure où le groupe devrait retrouver une marge de manœuvre financière plus importante en 2018 avec notamment la vente du siège de la radio Europe1 pour 253 millions d’euros qui donnera lieu à une plus-value de 210 millions d’euros.

Le deuxième catalyseur du dossier réside dans la stratégie de recentrage sur les principaux métiers du groupe, à savoir l’édition et le Travel Retail. Arnaud Lagardère a évoqué des cessions de titres de presse (le magazine Elle pourrait être concerné) et s’est montré assez évasif sur le pôle sport qui ne semble plus aussi stratégique.

Toute annonce allant dans le sens de la vente de ces actifs serait évidemment bien perçue. L’idéal serait que Lagardère aille jusqu’au bout de cette logique en se séparant de la totalité de ses activités médias qu’il a du mal à rentabiliser. Notamment la radio Europe 1, dont les chutes d’audience ont provoqué un recul de 8% du résultat opérationnel de la division en 2017, sans parler des coûts de restructuration massifs. Mais un tel scénario ne semble pas à l’ordre du jour à court terme. Ce qui est certain, c’est que les actifs du groupe, même s’ils ne sont pas tous très rentables, recèlent de la valeur cachée comme on l’a vu avec l’immeuble d’Europe 1.

La valeur d’actif net réévalué par action se situe sans doute autour de 30 euros par action. Il en ressort une décote de l’ordre de 25% qui nous parait bien excessive. Le titre ne capitalise en outre que 12,5 fois le résultat net ajusté (hors éléments exceptionnels) attendu pour 2018 et devient très bon marché.

Les plus et les moins du dossier Lagardère

+ Un rendement élevé

+ Une stratégie de recentrage bien venue

– Des activités trop peu rentables dans les médias

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