5 choses à savoir sur cette guerre commerciale lancée par Trump

Quelles seraient les conséquences potentielles d’une guerre commerciale mondiale déclenchée par la politique protectionniste du président américain Donald Trump ?

La croissance économique mondiale se nourrit des échanges commerciaux à travers la planète. Le Fonds monétaire international (FMI) a maintes fois prévenu depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche que toute tentation protectionniste menaçait l'embellie planétaire. Crédit Photo : Istock

1 – Pourquoi une guerre commerciale mondiale ?

La décision unilatérale le 8 mars des Etats-Unis d’imposer des taxes sur les importations dont 25% sur celles d’acier et de 10% sur celles d’aluminium, puis la signature jeudi d’un memorandum ciblant les importations chinoises, donne le droit à leurs partenaires commerciaux de répliquer notamment en déposant des recours auprès de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

« Si une guerre commerciale devait être initiée par les Etats-Unis, la Chine se battrait jusqu’au bout pour défendre ses propres et légitimes intérêts par tous les moyens nécessaires », a prévenu jeudi l’ambassade de Chine.

L’Union européenne, qui va être exemptée provisoirement de ces taxes sur l’acier et l’aluminium à en croire le représentant au commerce américain Robert Lighthizer, avait préparé des contre-mesures visant des produits américains: Harley-Davidson, le whiskey Bourbon et les jeans Levi’s.

2 – Quel impact sur l’économie mondiale ?

La croissance économique mondiale se nourrit des échanges commerciaux à travers la planète. Le Fonds monétaire international (FMI) a maintes fois prévenu depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche que toute tentation protectionniste menaçait l’embellie planétaire.

Le nouveau président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, pourtant nommé par Donald Trump, a reconnu mercredi qu’une guerre commerciale représentait « un risque plus important pour les perspectives économiques ».

Avant lui, son homologue de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, avait lui été plus direct: « Un virage vers le protectionnisme poserait un risque sérieux pour la croissance de la productivité et la croissance potentielle de l’économie mondiale », avait-il prévenu.

« Un ralentissement (économique) de la Chine en raison de taxes douanières serait dommageable pour les autres économies asiatiques et hors d’Asie, pour l’Allemagne », ont en outre estimé les économistes d’Oxford Economics dans une note jeudi.

Les mesures américaines « mettent en danger l’ordre commercial international et la stabilité économique », a enfin réagi l’ambassade de Chine à Washington.

3 – Les consommateurs: gagnants ou perdants ?

Taxer les produits importés pourrait se traduire par une hausse des prix dans différents secteurs. Le constructeur automobile Toyota a d’ores et déjà mis en garde que s’il n’était plus en mesure d’importer aux Etats-Unis de l’acier bon marché pour y fabriquer des véhicules dans ses usines américaines, leur prix augmenterait considérablement.

Ces mesures « vont directement heurter les intérêts des consommateurs américains », a prévenu aussi la Chine.
Des augmentations de prix de produits de consommation courante pourrait ainsi freiner la consommation, un risque pour la croissance américaine traditionnellement tirée par la consommation des ménages.

4 – Est-ce bon pour les Etats-Unis comme l’affirme Trump ?

« Nous devons protéger notre pays et nos travailleurs », a constamment affirmé Donald Trump pour justifier l’imposition de mesures protectionnistes.

Pour autant, l’argument selon lequel en imposant des droits de douanes conséquents, cela va sauvegarder, voire favoriser l’emploi est loin de faire l’unanimité.

« Les restrictions à l’importation annoncées par le président américain sont de nature à causer des dégâts non seulement hors des Etats-Unis mais encore à l’économie américaine elle-même, y compris à ses secteurs manufacturier et de la construction qui sont de gros utilisateurs d’aluminium et d’acier », avait déjà expliqué le FMI après la promulgation de taxes dans ces secteurs.

Des fédérations américaines du secteur agricole ont déploré récemment qu’en voulant protéger les producteurs d’acier et d’aluminium, Donald Trump ouvrait la voie à des représailles qui affecteraient durement d’autres secteurs comme l’agriculture. Elles redoutent à présent des taxations sur leurs exportations de soja, de sorgho ou des porcs d’élevage à destination du géant asiatique.

En 2002, le Président Bush avait imposé des taxes sur l’acier qui étaient restées effectives pendant 18 mois. Au cours de cette période, quelque 200.000 emplois américains avaient pâti de cette mesure protectionniste, rappellent les économistes d’Oxford Economics se basant sur une étude effectuée à l’époque. Mais l’association des industriels américains a affirmé que les taxes sur l’acier et l’aluminium montraient déjà des effets bénéfiques sur l’emploi dans la sidérurgie américaine avec la création de quelque 3.000 emplois.

5 – La renégociation de l’Aléna dans la balance 

Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique sont engagés depuis sept mois dans une difficile renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna). En vigueur depuis 1994, cet accord a été qualifié de « désastre » par Donald Trump qui menace constamment d’en sortir si les discussions n’aboutissaient pas à un traité jugé favorable pour les entreprises et travailleurs américains.

Le président a décidé d’exempter provisoirement ses partenaires de l’Aléna des taxes sur l’acier et l’aluminium et affirmé qu’une exemption définitive dépendrait de l’issue des tractations sur l’Aléna. Un enjeu de taille pour le Canada, premier fournisseur d’acier mais aussi premier partenaire commercial des Etats-Unis.

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