On se doutait que les performances du numéro un mondial du luxe sur le premier trimestre 2018 seraient bonnes, mais pas à ce point ! La croissance organique du chiffre d’affaires sur la période a en effet atteint 13% malgré une base de comparaison déjà très exigeante, alors que le consensus des analystes financiers se situait autour de +9%. Et si l’on exclut l’impact de l’arrêt de la concession de l’aéroport de Hong Kong sur le segment de la distribution sélective, la croissance serait même ressortie à +15%.

En données publiées, la progression des ventes de LVMH a été un peu moins soutenue (+10%) du fait d’un effet de change très défavorable (baisse du dollar essentiellement) ayant pesé à hauteur de 10% sur la dynamique du groupe, compensé heureusement en partie par la consolidation de l’activité Dior Couture depuis le deuxième semestre 2017.

Cette publication laisse en tout cas augurer un nouveau très bon millésime pour LVMH d’autant que le navire amiral, Louis Vuitton, a poursuivi sa progression de façon remarquable en contribuant à une croissance organique de 16% du pôle mode et maroquinerie, le plus rentable du groupe.

Les analystes devraient relever leurs prévisions

Les autres divisions de LVMH n’ont pas été en reste, à l’image des vins et spiritueux, en progression de 10% malgré des stocks de cognacs insuffisants pour satisfaire toute la demande aux Etats-Unis. Les parfums et cosmétiques (+17%) et le pôle montres joaillerie (+20%) ont également dépassé les attentes. Pour sa part, la filiale de vente sur les lieux de voyages, DFS, absorbe relativement bien l’arrêt volontaire de la concession de l’aéroport de Hong Kong qui aura une incidence positive sur la rentabilité dans la mesure où cette concession coûtait de l’argent au groupe.

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Ce premier trimestre devrait inciter les analystes financiers à relever leurs prévisions bénéficiaires pour cette année, même si l’effet devise s’annonce plus défavorable que prévu, alors que le consensus tablait déjà sur une croissance à deux chiffres du bénéfice, à plus de 5,6 milliards d’euros.

L’année n’est cependant pas terminée et l’économie mondiale pourrait commencer à ralentir à partir du deuxième semestre. LVMH a cependant toujours montré une certaine résilience face au retournement des cycles économiques grâce à la puissance de ses marques et à son modèle économique bien diversifié en termes de produits et sur le plan géographique.

Une reprise de souffle possible sur le titre ?

Reste à savoir dans quelles mesures les bonnes nouvelles sont aujourd’hui dans les cours. L’action LVMH vient en effet de battre un nouveau record historique à 277,25 euros qui porte son avance à plus de 12% depuis le début de l’année et à plus de 30% sur un an. Elle capitalise désormais près de 25 fois les profits attendus cette année, soit des niveaux historiquement élevés et très supérieurs à la moyenne du marché parisien (14,5 fois pour le CAC 40).

Incontestablement, LVMH, comme la plupart des autres acteurs du luxe tels que Kering ou Hermès, mérite une prime dans la mesure où le secteur est porté par des tendances structurelles fortes (accélération de la croissance mondiale, essor des classes moyennes dans les pays émergents, augmentation du nombre de millionnaires….) qui lui confèrent un profil rassurant sur des marchés boursiers devenus plus incertains. Le titre reste donc incontournable dans les portefeuilles même s’il pourrait éprouver le besoin de souffler après un si beau parcours.

Pour toutes ces raisons, notre avis sur la valeur reste à « positif » (achetez).

Les points forts du dossier LVMH :

+ Un secteur porteur

+ Des marques puissantes

+ Un bilan et une génération de cash solides