En hausse d’un peu plus de 13% au cours des cinq dernières séances, Ingenico, le leader mondial des solutions de paiement a fortement rebondi depuis le 4 avril et l’inscription d’un nouveau plus bas sur trois ans à 62,25 euros.

Ce brutal retournement de tendance est alimenté par des rumeurs de rachat sur la société dont la capitalisation a fondu à 4,5 milliards et qui multiplie les déceptions depuis maintenant deux ans en raison des difficultés rencontrées sur plusieurs de ses marchés (Chine, Etats-Unis et Brésil) et des interrogations que suscitent les bouleversements technologiques du secteur du paiement.

A l’origine fabricant de terminaux de paiement, Ingenico a pris le virage technologique des services et du paiement sur Internet et par téléphone (40% du chiffre d’affaires), mais la perte de vitesse de son métier d’origine pose la question de la visibilité sur les perspectives de cette société réputée jusqu’à présent comme une valeur de croissance.

L’effondrement de la capitalisation d’Ingenico (-20% sur trois mois et -30% sur trois ans) attire les convoitises de concurrents comme Worldpay, Wirecard ou même de fonds d’investissements. Et l’OPA lancée en début de semaine sur le concurrent américain Verifone par deux fonds (Francisco Partners et British Columbia Investment Management Corporation) avec une prime importante de 54% sur le dernier, cours montre que l’industrie du paiement est en pleine concentration.

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Ingenico: Atos en chevalier blanc ?

Du coup, l’hypothèse d’une opération sur Ingenico est tout à fait crédible. Mais attention, l’Etat Français veille au grain et ne laissera pas n’importe quel prédateur mettre la main sur un actif considéré comme stratégique au regard de son expertise sur les solutions à haute valeur ajoutée dans le domaine du paiement.

Une première fois déjà, en décembre 2010, la puissance publique avait mis son veto à une tentative de rachat d’Ingenico par le groupe américain Danaher. En vue de sécuriser le patrimoine industriel français, il est fort probable que le gouvernement Philippe cherche à adosser Ingenico à l’instar de la reprise en fin d’année dernière de Gemalto par Thales. Cette fois-ci, Atos et sa filiale spécialisée dans les transactions financières, Worldline, pourraient faire office de chevaliers blancs.

Une bonne façon pour le groupe de services informatiques dirigé par Thierry Breton de reprendre l’offensive après s’être fait subtiliser Gemalto par Thales. Reste qu’Atos devra mettre le prix. Celui-ci est estimé par les experts de Gilbert Dupont à au moins 105 euros par titre Ingenico sur la base des multiples retenus pour le rachat du concurrent américain Verifone. De quoi renouveler notre « avis plutôt positif » sur le titre qui figure dans le portefeuille actions de Mieux Vivre Votre Argent

Les plus et les moins du dossier Ingenico: 

+ Un secteur en pleine concentration

+ La détente des niveaux de valorisation

 – Un manque de visibilité sur 2018.