Si le pic des 96 milliards d’euros de profits atteint en 2007 n’a pas été battu, le millésime 2017 des résultats des sociétés du CAC 40 n’en est pas moins d’une excellente qualité. Les grandes entreprises françaises affichent 93,4 milliards d’euros de bénéfices, soit une hausse de 24 % par rapport à 2016, une année pourtant déjà prospère. Elles ont clairement senti souffler le vent de la reprise sur leurs principaux marchés, y compris celui de la zone euro, qui profite avec retard de la dynamique insufflée par les Etats-Unis et les pays émergents.

Alors que les résultats des dernières années avaient surtout bénéficié des mesures de restructuration engagées par les équipes dirigeantes face à une conjoncture difficile, ceux de 2017 résultent aussi d’une augmentation non négligeable de l’activité dans la plupart des secteurs. Seules deux sociétés ont affiché des pertes (Carrefour et LafargeHolcim), mais uniquement en raison de dépréciations d’actifs et de charges de restructuration à caractère exceptionnel.

Les analystes tablent sur une progression de 8 % en 2018

Les sociétés cycliques comme ArcelorMittal (+ 156 % de profits), AccorHotels (+ 66 %) ou encore Renault (+ 49 %) ont été les premières à profiter d’une amélioration de la conjoncture, mais les sociétés de croissance ont également brillé, à l’image des groupes de luxe Kering et LVMH, dont les bénéfices se sont envolés respectivement de 119 % et 28 %. Autant dire que la base de comparaison devient élevée.

Pas de quoi entamer l’optimisme des analystes financiers, qui tablent encore sur une hausse d’environ 8 % des profits pour les sociétés du CAC 40 cette année, dans un contexte toujours porteur pour l’économie mondiale. Il faudra malgré tout surveiller les effets négatifs liés à la force de l’euro par rapport au dollar, ainsi qu’au renchérissement des matières premières.

Tout cela se traduit par des politiques de distribution très généreuses. Environ 85 % des entreprises du CAC 40 ont annoncé une augmentation de leur dividende au titre de l’exercice 2017, parfois dans des proportions significatives comme dans le cas de Kering (+ 30 %). Seules deux d’entre elles vont le réduire (Carrefour et Engie) pour se laisser les moyens de s’adapter à leur nouvel environnement.

Un rendement moyen de 3,10 % pour l’exercice 2017

Les grands pourvoyeurs de dividendes sont au rendez-vous, à l’image du géant pétrolier Total, qui va redistribuer plus de 6,2 milliards d’euros à ses actionnaires, avec un dividende légèrement augmenté à 2,48 euros par action, ce qui procure un beau rendement de plus de 5 %. Sanofi et BNP Paribas arrivent sur les deuxième et troisième marches du podium avec respectivement 3,8 et 3,7 milliards d’euros reversés à leurs actionnaires et des rendements presque aussi enviables, de l’ordre de 4,5 %. Les taux de distribution des bénéfices, proches de 50 %, ont également tendance à évoluer à la hausse, à l’image de celui de L’Oréal qui atteint le niveau record de 53,4 %.

Compte tenu de ces éléments et en dépit de la hausse des cours intervenue en 2017, les sociétés du CAC 40 offrent toujours de bons rendements. La moyenne se situe autour de 3,10 % au titre de l’exercice 2017, soit nettement plus que pour les sociétés américaines de l’indice S&P 500 (1,80 %) qui recourent, il est vrai, d’avantage à des rachats d’actions.

Au sein du CAC 40, seules 2 valeurs ont concédé des pertes en 2017. 34 sociétés vont augmenter leur coupon cette année.