Carrefour a annoncé mercredi avoir réalisé au premier trimestre un chiffre d’affaires en baisse de 2,4% à 20,776 milliards d’euros, pénalisé par des effets de change défavorables, des marchés globalement moins porteurs et une forte pression concurrentielle.

« Après prise en compte d’un effet de change défavorable de -5%, principalement dû à la dépréciation du real brésilien », le chiffre d’affaires à changes courants diminue de 2,4%, précise un communiqué de Carrefour.

A taux de changes constants, les ventes du groupe de distribution français affichent en revanche une progression de 2,6%.

Carrefour affecté sur ses marchés européens

Le chiffre d’affaires trimestriel est légèrement inférieur au consensus des analystes de Factset et Bloomberg qui tablaient sur des ventes comprises entre 20,828 et 20,847 milliards d’euros.

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En données comparables, c’est-à-dire hors ventes d’essence et effets calendaires, la variation du chiffre d’affaires au premier trimestre s’élève à +0,4%, « impactée (affectée, ndlr) par des dynamiques de marché moins favorables en Europe, la poursuite de la déflation alimentaire au Brésil, une forte pression concurrentielle sur les principaux marchés du groupe, mais aussi par des perturbations opérationnelles en France et en Belgique », souligne le communiqué.

Le groupe met également en avant des « conditions météorologiques défavorables, affectant plus particulièrement le non-alimentaire et le format hypermarché », pour expliquer ce résultat.

C’est la France qui tire vers le haut le chiffre d’affaires (+0,9% à changes courants), « dans un marché (pourtant) moins porteur qu’au quatrième trimestre et dans un environnement concurrentiel toujours très disputé », précise Carrefour.

Ainsi, « les supermarchés (+1,6%) et la proximité (+3%) affichent une bonne dynamique et voient leur chiffre d’affaires progresser en comparable. De leur côté, les ventes des hypermarchés (-2,3%) ont été affectées par des conditions météorologiques défavorables et par des perturbations opérationnelles ».

Des résultats contrastés en Europe pour Carrefour

En Europe, les résultats du groupe sont contrastés, même si les ventes progressent globalement de 2,9% à taux de changes courants. 

Ainsi, si l’Espagne réalise une bonne performance (+4,4%) grâce aux magasins Eroski, l’Italie est en repli (-0,9%), en raison d’un « environnement de consommation toujours difficile et un contexte de pression concurrentielle renforcée ». 

C’est en Amérique latine, pénalisée par une déflation alimentaire toujours marquée au Brésil, et en Asie, où le commerce en ligne prend un poids de plus en plus grandissant en Chine, que les résultats sont les plus décevants, avec un chiffre d’affaires en baisse respectivement de 11,9% et 10,9%.

Alexandre Bompard, le PDG du groupe, a lancé le 23 janvier dernier un grand plan de relance et de transformation, intitulé « Carrefour 2022 ».

De « premières réalisations concrètes » de ce plan ont déjà été mises en place au cours de ce trimestre, précise le distributeur, en citant notamment le lancement de la « première +blockchain+ alimentaire dans la filière aviaire », l’ouverture de nouveaux « drives » ou la prise de participation majoritaire dans le capital de la start-up Quitoque, spécialisée dans la livraison de paniers-repas à domicile.

Carrefour note également des « avancées dans les discussions autour de la sortie du périmètre du groupe des 273 magasins ex-Dia », qui doit se solder par 2.300 suppressions d’emploi.

Dans un communiqué distinct, le distributeur a par ailleurs annoncé qu’il proposerait, lors de l’Assemblée générale des actionnaires le 15 juin, la nomination de quatre nouveaux administrateurs indépendants, pour ouvrir le groupe « à plus de femmes et à des profils plus jeunes et plus digitaux » (numériques, ndlr).

Amélie Oudéa-Castéra (ex-dirigeante du groupe Axa), Aurore Domont (présidente de Figaro Médias), Stéphane Israël (Arianespace) et Stéphane Courbit (fondateur d’Endemol France) pourraient donc entrer prochainement au conseil d’administration du groupe.