La progression linéaire des marchés observée l’an dernier (hausse de 9,3 % du CAC 40 et de 19,4 % du S&P 500) avait presque fait oublier aux investisseurs la part de risque liée à un placement en actions. Au point que le début de l’année 2018, avec son fort regain de volatilité, apparaît déstabilisant.

Tout avait pourtant bien démarré, mais la performance très encourageante du mois de janvier (+ 3,2 % pour le CAC 40) a été annihilée par des mois de février et mars sous haute tension. Et les investisseurs devront sans doute apprendre à composer avec cette nervosité ambiante.

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Car les Bourses entrent dans une période inédite où les banques centrales commencent à retirer les tombereaux de liquidités déversés depuis 2008 pour éviter la faillite du système bancaire. Problème : entre-temps, les stocks de dettes, notamment des Etats, n’ont pas diminué, bien au contraire.

Conséquence, l’exercice des banquiers centraux s’annonce délicat. Parvenir à piloter une remontée progressive des taux d’intérêt pour prévenir un retour de l’inflation, sans affoler les marchés et sans casser la croissance, ne sera pas une mince affaire.

Les actions entre conjoncture économique favorable et risques politiques

Cependant, la croissance mondiale se porte très bien et les entreprises s’apprêtent à dévoiler des résultats d’excellente qualité, largement soutenus aux Etats-Unis par les économies d’impôt. Ces deux leviers représentent de puissants catalyseurs susceptibles de faire progresser les cours boursiers.

Leur correction depuis le début de l’année leur a permis de retrouver des niveaux de valorisation plus raisonnables. Mais attention au risque politique, surtout aux Etats-Unis où les tweets imprévisibles du président Trump à l’encontre de partenaires commerciaux (L’Europe et la Chine), de sociétés comme Amazon, ou de régimes politiques (Corée du Nord, Iran ou Syrie) peuvent déstabiliser les places financières.

D’un point de vue rationnel, la Bourse de Paris dispose du potentiel pour retrouver son point haut de l’année, à 5 567 points (en janvier dernier). Mais des accès de faiblesse sont à prévoir. Il convient donc de faire preuve d’agilité dans la gestion de son portefeuille.

Marchés actions : les catalyseurs

Une forte croissance mondiale. La conjoncture n’a jamais été aussi favorable depuis six ans. La dynamique pourrait encore accélérer, selon l’OCDE.

Des résultats d’entreprises bien orientés. La solide conjoncture associée aux baisses d’impôt aux Etats-Unis va permettre aux entreprises américaines de dévoiler des profits en forte hausse (+ 19,2 % attendus pour 2018 et + 10,4 % pour 2019). En France, la hausse de l’euro va freiner la dynamique.

Des valorisations plus abordables. La consolidation des marchés actions depuis le début de l’année a permis une détente des valorisations. Les multiples sont revenus à 16,6 fois les bénéfices de 2018 et 15,1 fois ceux de 2019 sur l’indice S&P 500 (contre un ratio moyen de 17,1 fois).

Marchés actions : les risques

Un dérapage de l’inflation. L’accélération de la hausse des salaires aux Etats-Unis en janvier, dans un contexte de plein emploi, incite à surveiller de près l’inflation.

Un emballement des taux d’intérêt. Une hausse de l’inflation et un creusement du déficit américain pourraient provoquer une remontée non maîtrisée des taux d’intérêt à long terme. La zone des 3 à 3,20 % est la ligne jaune à ne pas franchir aux Etats-Unis.

Un cycle économique déjà bien avancé. Certains experts estiment que l’économie mondiale a atteint son pic de croissance au dernier trimestre 2017. Si une guerre commerciale était déclenchée, cela pèserait sur les bénéfices des sociétés.

Le « Trumpisme ». L’imprévisibilité du président américain et ses attaques répétées, via les réseaux sociaux, envers des partenaires commerciaux des Etats-Unis ou des entreprises créent un climat anxiogène.

Les GAFA trop chers. Les sociétés technologiques américaines (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont-elles surévaluées ? La question se pose même si ces sociétés dégagent une forte croissance des profits et une trésorerie abondante.