Le groupe français de luxe Hermès a débuté l’année sur une solide croissance malgré un impact défavorable des changes, avec des ventes s’établissant à 1,39 milliard d’euros au premier trimestre et une croissance organique à deux chiffres.

« Tous les métiers sont en forte progression, comme toutes les zones géographiques », a résumé jeudi le président du sellier-maroquinier, Axel Dumas, qui a salué un trimestre « au-delà de nos objectifs annuels ». Il a également relevé « le contexte favorable dans l’industrie » du luxe, « le fort élan en Asie, et l’appétit pour la mode dans tous les pays ».

Le groupe, célèbre pour ses carrés de soie et ses sacs Birkin et Kelly, a réalisé au premier trimestre un chiffre d’affaires supérieur aux consensus établis par Factset et Bloomberg, qui tablaient respectivement sur 1,36 et 1,37 milliard d’euros.

Sa croissance organique a atteint 10,8%, dépassant les 8,6% établis pour l’ensemble de l’exercice 2017. Et en données publiées, les hausse de 3,1% des ventes a été ralentie par les effets de la hausse de l’euro face au dollar.
L’évolution des parités monétaires a en effet représenté « un impact défavorable de 104 millions d’euros sur les chiffres d’affaires », précise le groupe dans son communiqué. Si sa division-phare, la maroquinerie-sellerie, affiche une croissance organique (à taux de change constants) de 7,5%, sa croissance publiée est légèrement négative, à -0,7%.

« C’est dû juste aux taux de change. Il y a un renforcement de l’euro qui devrait d’ailleurs s’affaisser au cours de l’année, qui était totalement prévu et sur lequel nous sommes couverts » sur 2018, a précisé à l’AFP M. Dumas, lors d’une conférence téléphonique.

« Il ne s’agit pas de produire pour produire »

Hermès a ainsi engrangé 691 millions d’euros de ventes pour la maroquinerie-sellerie, portée par le succès de ses sacs. Le groupe ne cesse d’augmenter ses capacités de production: il a inauguré début avril sa seizième manufacture en France, dans le Doubs, et a lancé la construction de deux autres maroquineries qui devraient être opérationnelles en 2020. « Il ne s’agit pas de produire pour produire. Je fais très attention aussi à la qualité des matières premières », a souligné Axel Dumas.

La division Vêtements et Accessoires d’Hermès bondit pour sa part de 17%: « Tout a marché », a résumé M. Dumas, soulignant notamment que les collections femme « fonctionnait très bien », mais aussi que le prêt-à-porter homme était « très fort sur ce premier trimestre, avec une croissance dans toutes les zones qu’on n’avait pas vue depuis longtemps ».

L’activité Soie et Textile progresse de 6,6% et les Parfums de 16%. L’Horlogerie signe une progression de 11,3%, alors qu’elle n’avait réalisé qu’une modeste hausse de 1,4% sur l’ensemble de l’exercice 2017.
« C’est une bonne nouvelle, on a de très belles ventes dans nos magasins, même si on doit encore progresser en termes d’organisation, et que c’est un travail de long terme ».

Par zones géographiques, la France progresse de 6,4% « malgré le renforcement de l’euro » et la zone Amériques s’affiche en hausse de 8,8%. Les ventes en Asie (hors Japon) bondissent de 16%, « avec une tendance favorable en Chine continentale », tandis que le Japon réalise +8% de croissance.

Hermès ne donne pas de perspectives chiffrées pour l’exercice en cours. Cependant, il « confirme un objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants ambitieux », indique-t-il.

En 2017, le groupe avait battu tous les records avec notamment une rentabilité au plus haut, avec une marge opérationnelle s’établissant à 34,6% des ventes. Il avait également annoncé, au titre de l’exercice 2017, le versement d’un dividende « exceptionnel » de 5 euros, en sus du dividende ordinaire de 4,10 euros.