Pourquoi les valeurs ‘Dassault’ survivront au décès de Serge Dassault

Serge Dassault ne s’est pas borné à valoriser et transformer Dassault Aviation. Le capitaine d’industrie, décédé le 28 mai dernier, avait préparé sa succession même si aucun de ses enfants ne devrait lui succéder. Il tenait par-dessus tout à ce que son vaisseau amiral et Dassault Systèmes lui survivent.

L’inspecteur Colombo était le héros qu’il admirait le plus… après son père, Marcel Dassault. Serge Dassault, décédé le 28 mai dernier à quatre-vingt-treize ans, s’est longtemps délecté d’être pris pour un nigaud. Trop souvent jugé à l’aune du patriarche, fondateur de l’empire industriel du même nom, le chef d’une famille aux quatre enfants, quatorze petits enfants et quelques arrières petits-enfants, cultivait un certain sens du devoir.

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Il avait ainsi réglé sa succession pour pérenniser l’entreprise familiale, même s’il ne souhaitait pas qu’un Dassault en tienne le manche. Ceux qui tablent sur un démantèlement de l’empire Dassault en seront pour leurs frais. Tout comme ceux qui spéculent sur un bateau ivre.

Une holding tenue par un capitaine

Car la barre de GIMD (Groupe Industriel Marcel Dassault), la holding, qui regroupe les participations de la cinquième fortune française estimée par Forbes à 19 milliards d’euros, est tenue par un capitaine : Charles Edelstenne, président de Dassault Aviation de 2000 à 2013, jusqu’à ce qu’un successeur soit désigné par la famille. Si la participation de la famille dans ce véhicule, tombait sous les 40 % du capital, contre 62 % ( et près de 77 % des droits de vote) aujourd’hui, l’Etat disposerait d’un droit de préemption sur leurs actions.

Surtout, avec Serge Dassault, ‘l’héritage’ légué par Marcel Dassault aura plus que fructifié : entre 1986 et aujourd’hui, la valeur des actifs de GIMD a été multipliée par 10. Grâce à ses efforts acharnés pour défendre son indépendance, Dassault Aviation demeure une valeur pivot de la défense européenne.

Pourtant, il y a trente-deux ans, minces étaient les chances de survie d’une entreprise qui l’an dernier à dégagé 489 millions d’euros de bénéfices pour un chiffre d’affaires de 4,8 milliards. L’héritier s’obstinait à refuser une coopération internationale pour construire le chasseur européen. Développé sur les fonds propres de son vaisseau amiral qui fermait neuf usines de 1986 à 1999, le Rafale est arrivé cinq ans avant l’Eurofighter. Au prix certes d’un dépassement de 30 % de son budget. Contre 150 % pour son challenger.

L’obstination finit toujours par payer

Hier cantonné à l’aviation de combat, Dassault Aviation détient 25,3 % de Thales, qui lui-même possède 35 % Naval Group (ex-DCNS), veille sur des radars, des frégates et des sous-marins, etc. Il revient même au centre du jeu européen : avec les Anglais, depuis 2015, pour développer un drone tactique lourd, et avec les Allemands pour développer le remplaçant du Tornado (rival du Mirage 2000), depuis le 27 avril dernier. L’obstination finit toujours par payer.

Quant à l’enfant chéri de Serge Dassault, il n’a pas fini de combler ses actionnaires : lancé en 1981 avec cinq salariés, Dassault Systèmes emploie aujourd’hui plus de 16 000 ingénieurs dans quarante pays. Le spécialiste du design par ordinateur n’a pas fini d’épauler les spécialistes des réalités virtuelle et augmentée, de la modélisation en tous genres. BTP, énergie, automobile, consommation : on ne compte plus les clients de cette pépite, dont les 40,9 % du capital détenus par GIMD sont valorisés 12,4 milliards d’euros !

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