Bien sûr, le marché mondial du médicament se porte bien : à 1 135 milliards de dollars, il croît de 4 à 7 % par an. Et ce n’est pas fini puisque l’Afrique, où se trouve 15 % de la population mondiale, ne pèse que 0,7 % du total. Au-delà de ces considérations, un débat mérite d’être tranché : faut-il classer les laboratoires comme des valeurs de croissance ou de rendement ? D’un côté, ils délivrent des dividendes confortables, et de l’autre, ils voguent sous de jolies brises qui gonflent leurs cours. L’an dernier, Sanofi a servi une rentabilité de 4,87 %. Dix fois plus petite, avec une capitalisation de 8,723 milliards d’euros (sur la base d’un cours au 30 mai de 73,70 euros), bioMérieux n’offre que 0,46 % en 2017, mais a vu son titre gagner 17,92 % en un an quand celui du premier cédait 24,51 %.

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Le vieillissement de la population plaide en faveur du secteur. Tout comme l’allongement de l’espérance de vie… et les évolutions des habitudes alimentaires vers des régimes plus riche, synonymes d’hypertension, de cholestérol, etc. Ainsi, en France, 67 % des dépenses de santé concernent les plus de 68 ans. Bien qu’agitée par des fusions géantes, la pharmacie très fragmentée : le top cinq des laboratoires ne détient que 24,3 % des ventes mondiales. Le début d’année à été riche, avec le rachat de Monsanto par Bayer pour 59 milliards d’euros, et, côté français, les reprises de Bioverativ pour 9,3 milliards et d’Ablynx pour 3,9 milliards par Sanofi. La tendance s’accélérera avec la réforme fiscale de Donald Trump qui incite les labos américains à rapatrier leurs bénéfices étrangers pour les réinvestir dans des biotechs européennes !

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Pour les labos, il s’agit surtout de récupérer des biotechs, ces start-ups qui élaborent les futurs médicaments à lancer, que de financer une R&D toujours plus chère (plus de 10 % de leurs revenus), et plus longue (au moins dix ans). En effet, pour ne pas être copiés par des génériques, ils se concentrent sur les maladies rares comme les cancers, diabète, etc. Tous doivent afficher en permanence un blockbuster, molécule dégageant au moins un milliard de dollars de ventes par an pour de longues années, tels le Lantus de Sanofi, contre le diabète, ou l’antithrombotique Xarelto de Bayer. Cette course à la taille permet aussi de dégager des synergies face aux économies imposées par les gouvernements.

Ces valeurs auxquelles il faut prêter attention

Voilà pourquoi Sanofi mérite l’intérêt. À 66,10 euros, elle se paie 11,35 fois les bénéfices 2018 et peut atteindre 80 euros. Comme sa challenger Bayer, mieux valorisée avec un PE 2018 de 15, qui peut viser un cours de 120 euros. bioMérieux, aux vaccins indispensables dans les pays émergents, est chère : avec un cours de 73,70 euros, elle se paie 37 fois les bénéfices 2018 ! Tout repli permettra d’y revenir ou de prendre position.

La cote parisienne accueille aussi l’homéopathie de Boiron, qui à 69,60 euros se paie 17 fois les bénéfices 2018, et mérite l‘achat jusqu’à 79 euros. Malgré le RGPD (Règlement général sur la protection des données) et l’intérêt gouvernemental pour réseaux de soins, Pharmagest Interactive, au PE 2018 de 34, paraît surpayée. Reste la santé animale (270 milliards de dollars de ventes mondiales) où Virbac et Vetoquinol tirent leur épingle du jeu : la première peut être achetée jusqu’à 60 euros plutôt que la seconde qui se négocie avec un PE 2018 de 29.

Quid des labos helvétiques ? Ils sont difficilement accessibles pour l’investisseur français, sauf avec un fonds en francs suisses pour gagner sur les deux tableaux : des dividendes plantureux versés dans une monnaie vitaminée.