Le groupe français de luxe Hermès va intégrer l’indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, à la place du géant suisse des matériaux de construction LafargeHolcim, a annoncé jeudi Euronext. Ces changements dans la composition de l’indice, les premiers depuis septembre 2017, prendront effet le 18 juin, a précisé le groupe dans un communiqué.

Hermès, dont la capitalisation boursière atteint 59 milliards d’euros, a vu son titre bondir de 25,71% depuis le début de l’année. Célèbre pour ses carrés de soie et ses sacs Birkin et Kelly, le groupe a débuté l’année par une solide croissance malgré un impact défavorable des changes. En 2017, Hermès avait battu tous les records avec notamment une rentabilité au plus haut, avec une marge opérationnelle s’établissant à 34,6% des ventes. Il avait également annoncé, au titre de l’exercice 2017, le versement d’un dividende « exceptionnel » de 5 euros, en sus du dividende ordinaire de 4,10 euros.

Accroissement des flux de capitaux

« Cette entrée n’est pas complètement surprenante dans le sens où aujourd’hui, l’un des atouts du marché français est clairement les valeurs orientées vers le luxe », a commenté auprès de l’AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque. « Il s’agit d’une consécration pour Hermès, cette entrée dans le CAC 40 va accroître le flux des capitaux et l’intérêt des investisseurs étrangers », a-t-il ajouté.

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A l’inverse, LafargeHolcim, dont la capitalisation en Bourse pèse 27 milliards d’euros, a vu pour sa part son titre perdre 5% depuis le 1er janvier 2018.  Le géant des matériaux de construction, qui a été mis en cause pour avoir indirectement contribué au financement de groupes armés, dont l’organisation jihadiste État Islamique (EI) en Syrie, a accusé une lourde perte sur l’année 2017. Le groupe a dévoilé en mars un nouveau plan stratégique sur cinq ans, sous l’impulsion de son nouveau patron, l’allemand Jan Jenisch qui a repris la direction de LafargeHolcim après la démission d’Eric Olsen. Celui-ci avait renoncé à ses fonctions pour tenter d’apaiser les tensions autour du dossier sur la Syrie. « Il s’agit d’une valeur qui a été pas mal pénalisée ces derniers temps donc cette sortie n’est pas complètement surprenante, elle montre qu’il s’agit d’un secteur un peu moins compétitif et moins attractif », a indiqué M. Dembik.

Le conseil scientifique d’Euronext

Soucieux de répondre à ces critiques et de renforcer le rayonnement international de son indice emblématique, Euronext a mis sur place en mai 2016 un comité consultatif afin de réfléchir aux évolutions de ses principaux indices, dont le CAC 40. Toutefois, l’opérateur, qui chapeaute les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, ne décide pas des entrées et sorties de valeurs au sein du CAC 40. Celles-ci sont entre les mains du Conseil scientifique des indices d’Euronext, qui se réunit tous les trimestres.

Il prend en compte deux critères majeurs, la taille du capital flottant (capital négociable en Bourse) et le nombre d’échanges enregistrés sur les titres. Lors de cette révision, le Conseil a également décidé de sortir Mercialys, filiale foncière du groupe de distribution Casino, de l’indice SBF 120 et d’y ajouter le groupe parapétrolier CGG.
La précédente modification de la composition du CAC 40 était intervenue en septembre 2017, lorsque le géant finlandais des équipements télécoms Nokia avait cédé sa place au fabricant franco-italien de semi-conducteurs (puces électroniques) STMicroelectronics. Le prochain Conseil scientifique des indices d’Euronext est prévu le 6 septembre 2018.