Privatisation de Groupe ADP : vers une plus-value stratosphérique pour l’état

La vente de cette pépite ADP remplira le fonds de dix milliards pour la modernisation de l’industrie

La banque d'affaires américaine Bank of America Merryll Lynch s'est vue chargée par l’Etat du pilotage de la privatisation de Groupe ADP, le leader mondial de la concession et exploitation d’aéroports. Crédit : Istock

C’est donc Bank of America Merryll Lynch qui a récupéré le mandat. La banque d’affaires américaine s’est vue chargée par l’Etat du pilotage de la privatisation de Groupe ADP, le leader mondial de la concession et exploitation d’aéroports avec un chiffre d’affaires 2017 de 3,6 milliards d’euros, en hausse de 22,7 %. La vente de cette pépite (la marge nette de l’an dernier s’est élevée à 18,2 % des revenus grâce à un bénéfice net de 571 millions en progrès de 31,2 % suite à une plus-value de cession) remplira le fonds de dix milliards pour la modernisation de l’industrie : sur la base d’un cours de 196,4 euros, la part de 50,6 % du capital détenu par la puissance publique rapporterait plus de neuf milliards ! Un chiffre qui pourrait croître encore : le trafic d’Orly et de Roissy qui a progressé de 4,1% en 2017 pour atteindre 101,5 millions de passagers devrait s’envoler grâce à plus de 4,6 milliards d’investissements pour accroître leurs capacités. Sans compter à moyen-terme la liaison Roissy-express !

5278 hectares

Au préalable, trois nuages doivent être évacués avant l’envol vers de nouveaux cieux de Groupe ADP … et des recettes de l’Etat. D’abord, l’Etat ne pourra descendre en-deçà des 50 % du capital qu’une fois votée la loi PACTE. Ensuite, il faudra confirmer la propriété des 5278 hectares de Roissy, Orly et du Bourget. Depuis la loi de 2005 qui en a fait une société anonyme, Groupe ADP en est propriétaire, au nom de l’Etat, via une concession d’une durée de cinquante ans. Outre que le nouveau dispositif juridique confirmera les droits fonciers de l’entreprise, il y a de fortes chances que son contrat d’utilisation et de concession des infrastructures soit hissé à soixante-dix ans, afin de ne pas handicaper son développement.

Vinci sur le pont

Ce n’est qu’à l’issue de ce terme que la puissance publique redeviendrait propriétaire de ces terrains, au cas où le ‘bail’ ne serait pas renouvelé. Reste enfin à adjoindre un actionnaire de référence à la société. Vinci, qui détient 8 % du capital, ne cache pas son intérêt. Le groupe de concessions ‘chasse’ cependant sur les mêmes terres que sa participation et TAV, sa filiale turque à 46 %, lorsqu’il s’agit de décrocher de nouvelles plateformes à construire ou faire tourner dans les pays émergents.

L’état ne compte pas se désengager complètement de Groupe ADP. Outre une participation symbolique dans son tour de table, il garde la main, via un droit de veto sur trois sujets majeurs : les éventuelles ventes futures de foncier autour des pistes et terminaux, le niveau des investissements et des redevances versés par les 136 compagnies aériennes présentées, dont Air France. Pour parer l’accusation de brader les bijoux de la couronne, il n’est pas question de répéter l’erreur commise lors de la privatisation des autoroutes. Ainsi, ces recettes seront revues tous les ans, et non fixées une fois pour toutes lors de la cession dans le cas des rubans à quatre voies, et sous le contrôle d’une autorité indépendante à créer.

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