Une correction brutale des prix des actifs financiers reste le risque principal auquel sont confrontés les marchés, à un moment où l’environnement macroéconomique pourrait ralentir, estime l’Autorité des Marchés financiers (AMF). En effet, le contexte mondial a été porteur pour les marchés financiers l’année écoulée, avec une croissance économique qui a surpris à la hausse, a relevé le gendarme français des marchés, qui présentait jeudi la « cartographie des risques 2018 ».

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Conséquence : les valorisations sur les marchés actions sont élevées, en particulier aux Etats-Unis. Quant aux marchés de la dette d’entreprise, ils ont enregistré un record pour les fonds levés, y compris pour les émissions d’obligations spéculatives. Et la collecte nette de fonds dans le monde a elle aussi atteint un record en 2017, à plus de 2.500 milliards d’euros.

Or, d’une part les marchés pourraient être confrontés à un risque de ralentissement de l’activité des deux côtés de l’Atlantique. Et d’autre part, les banques centrales ont entamé la normalisation de leurs politiques monétaires, bien qu’à des degrés différents, souligne l’AMF.

Un risque en chasse un autre

Dans ces circonstances, les prix des actifs pourraient enregistrer une évolution brutale, tandis que l’endettement pourrait devenir non soutenable étant donné le poids croissant des émetteurs moins bien notés. S’y ajoutent des facteurs géopolitiques, avec notamment les menaces protectionnistes et la guerre commerciale, ajoute l’AMF, qui pointe également du doigt la possibilité d’un Brexit dur le 29 mars 2019.

« Le risque de « hard Brexit » existe, il est significatif et nous demandons aux acteurs financiers de s’y adapter (…) et de l’anticiper davantage », a rappelé Benoît de Juvigny, le secrétaire général de l’AMF. A l’inverse, le gendarme de la Bourse a revu à la baisse un certain nombre d’autres risques, dont la question du financement des entreprises, compte tenu de l’abondance d’offre disponible.

Enfin, l’AMF a relevé que les vagues de produis atypiques se succédaient. « Avec des taux d’intérêt très bas et le développement de réseaux sociaux, nous avons des vecteurs de propagation de produits atypiques (par exemple les diamants d’investissement, NDLR) qui sont toujours très forts », a souligné M. de Juvigny. Le gendarme boursier craint notamment que certains acteurs du marché des changes se redéploient sur d’autres produits, tels que les cryptoactifs.

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