Conseil Bourse: avec le rachat d’Editis, Vivendi ne manque pas de catalyseurs

Vivendi vient de présenter des résultats semestriels sources de multiples satisfactions. La stratégie du groupe est par ailleurs bien perçue.

Vivendi a doublement surpris la communauté financière à l’occasion de la publication de ses résultats semestriels. Le groupe a annoncé des performances financières supérieures aux attentes et en amorçé un nouveau virage stratégique majeur avec le projet de rachat du groupe d’édition Editis, contrôlé par l’espagnol Grupo Planeta.

Côté résultats, les investisseurs ont surtout retenu la progression de 31,6% du résultat opérationnel ajusté à données comparables, à 542 millions d’euros, alors qu’ils tablaient sur à peine 510 millions. Cette bonne surprise vient d’abord de la filiale UMG, numéro un mondial de la musique enregistrée, dont le chiffre d’affaires a encore progressé de 7,4% grâce à l’essor des abonnements et du streaming. Ces derniers compensent largement le déclin des téléchargements et des ventes physiques. Profitant de ce levier, le résultat opérationnel courant de la division a bondi de 23,5%.

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Autre source de satisfaction, la filiale Canal+ a poursuivi son redressement avec une hausse de 27,8% de son résultat opérationnel courant. Il a été permis à la fois par la progression du parc d’abonnés à l’international (les résiliations diminuent en France grâce aux nouvelles offres) et par la poursuite du plan d’économie. Quant à la filiale publicitaire, Havas, elle est parvenue à améliorer sa marge opérationnelle de 0,6 point malgré un environnement difficile en mettant également en œuvre des mesures d’adaptation de coûts.

Le bénéfice net de 165 millions d’euros du groupe Vivendi n’est pas très représentatif dans la mesure où il intègre encore d’importantes charges de restructurations, ainsi que des écritures comptables, comme la dépréciation de la participation de 25% dans Telecom Italia ou la revalorisation des participations dans Spotify ou Ubisoft. Plus significatif, le bénéfice net ajusté a progressé de 22,8% à 393 millions d’euros.

Le profil de Holding de Vivendi renforcé par Editis

Sur un plan stratégique, l’entrée en négociations exclusives avec Grupo Planeta pour l’acquisition d’Editis est plutôt bien perçue. Même si elle va déboucher sur la création d’un nouveau pôle d’activité et renforcer le profil de holding de Vivendi (et donc sa décote boursière). Les activités d’Editis, bien connu pour ses maisons d’édition Nathan, Bordas, Robert Laffont ou encore Plon, sont à la fois très rentables (marge opérationnelle de 8%) et récurrentes.

Elles peuvent aussi bénéficier d’une proximité avec les autres activités de musique ou de télévision du groupe. Raison pour laquelle Vivendi est prêt à mettre sur la table 900 millions d’euros pour se les offrir. Le financement d’une telle opération ne posera aucun problème dans la mesure où après l’encaissement du solde des cessions des participations dans Ubisoft et Fnac Darty, l’endettement net va retomber autour de 630 millions d’euros, soit seulement 0,3 fois l’excédent brut d’exploitation attendu pour cette année.

La marge de manœuvre de Vivendi pourrait même considérablement augmenter avec la décision de céder, d’ici 18 mois, jusqu’à 50% du capital de la filiale de musique, UMG, à un ou plusieurs partenaires stratégiques (l’hypothèse d’une introduction en bourse a été abandonnée car jugée trop complexe). Les investisseurs valorisent UMG entre 18 et 20 milliards d’euros, mais il n’est pas exclu que Vivendi obtienne une meilleure valorisation (l’objectif serait 25 milliards) à l’occasion d’une vente partielle de titres. Là aussi, une telle opération peut faire débat dans la mesure où elle va priver Vivendi d’une source de résultats et de cash-flow significative et renforcer son profil de holding.

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L’utilisation du cash liée à cette cession sera donc déterminante. Une partie sera probablement consacrée à des acquisitions dans les métiers du groupe, mais il faut aussi s’attendre à une redistribution aux actionnaires (le principal étant Bolloré, avec 24% du capital). Vivendi devra ensuite clarifier ses intentions en Italie, où ses prises de participation dans Telecom Italia et Medias et ont mobilisé beaucoup de cash, avec pour le moment des perspectives de moins-value.

Mais pour l’heure, ce sont plutôt les bonnes nouvelles qui priment et l’évolution favorable de la rentabilité des principaux actifs milite en faveur de leur revalorisation et de l’amélioration de l’actif net réévalué du groupe que l’on peut estimer entre 26 et 28 euros par action. Nous confirmons notre avis « plutôt positif »

Les plus et les moins du dossier Vivendi :

+ Une rentabilité perfectible

+ Des actifs qui se valorisent

– Une stratégie encore un peu floue

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