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Télécoms: les pouvoirs publics désormais ouverts à un retour à trois opérateurs

C’est, presque paradoxalement, par le régulateur des télécoms, l’Arcep, que le sujet de la consolidation des télécoms est revenu sur le tapis. En assurant, le 22 mai dernier, que, sur le sujet,  » la porte de l’Arcep [était] désormais entrouverte », son président, Sébastien Soriano, a semblé montrer que les pouvoirs publics étaient désormais ouverts à un retour à trois opérateurs, six ans après l’arrivée de Free sur le marché mobile.

Dans la foulée, des rumeurs de possible rapprochement entre Bouygues Telecom et SFR sont apparues, mollement démenties par le groupe Bouygues, qui rappelait au passage toujours surveiller les opportunités qui pourraient se présenter. Selon des informations de presse, le fondateur d’Altice Patrick Drahi n’aurait accepté de vendre SFR qu’en échange de 20 milliards d’euros et la moitié du capital du nouvel ensemble, des conditions inacceptables pour Martin Bouygues, PDG du groupe diversifié.

De quoi clore, tout du moins temporairement, le sujet, avant probablement de revenir avec vigueur une fois publiés fin août la totalité des résultats semestriels, qui devraient montrer un nouvel affaiblissement de l’un ou l’autre des opérateurs. La consolidation est-elle dès lors inéluctable? Cela ne fait aucun doute, si l’on en croit les acteurs du secteur.

Les investissements pour la 5G comme motivation ?

En présentant les résultats d’Altice Europe jeudi, le directeur général du groupe Alain Weill a ainsi rappelé, lors d’une conférence de presse téléphonique, que la consolidation était « nécessaire » pour le secteur. Un avis que partage un spécialiste des télécoms, pour qui « compte tenu du mur d’investissement que va représenter la 5G, la consolidation sera nécessaire pour affronter à la fois la fibre et la 5G. Actuellement certains opérateurs s’affaiblissent peu à peu ».

La nécessité sera-t-elle la seule motivation de la consolidation? C’est ce qui se matérialise aux Etats-Unis, où les opérateurs Sprint et T-Mobile ont annoncé fin avril leur fusion. Précisément afin de disposer des moyens nécessaires au déploiement de la 5G, qui rend indispensable une transformation en profondeur du réseau.

Car dans l’immédiat, et les multiples tentatives des dernières années le démontrent, aucun des propriétaires d’opérateurs ne semble vouloir quitter le secteur. A l’image des conditions posées par Patrick Drahi pour céder SFR à Martin Bouygues.

Le PDG d’Orange, Stéphane Richard ne dit d’ailleurs pas autre chose: il a déclaré à diverses occasions ne pas voir « à court terme, une combinaison pouvant aboutir à une consolidation ». Précisant que l’opérateur historique était prêt à « faire tout ce que l’on pourra faire d’utile, comme facilitateur ». A moins qu’un désengagement de l’Etat du capital d’Orange, dont il est l’actionnaire de référence, ne soit le déclencheur de la consolidation.

La privatisation d’Orange comme déclencheur ?

Car si l’opérateur historique ne fait pas partie de la première vague de privatisations lancée par le gouvernement, le groupe est régulièrement cité, depuis plusieurs années, comme étant parmi ceux dont l’Etat pourrait sortir. L’occasion d’y faire entrer un autre opérateur en tant qu’actionnaire de référence et précipiter un rapprochement entre Orange et son concurrent ?

Le schéma avait été envisagé lors de la tentative de rachat de Bouygues Telecom, le groupe Bouygues pouvant récupérer près de 15% du capital d’Orange. Ce qui en aurait fait le deuxième actionnaire derrière l’Etat (près de 23%), en position de force donc pour reprendre cette participation en cas de désengagement public à venir. « Il est difficile d’imaginer l’Etat proposer à Patrick Drahi ou Xavier Niel d’entrer au capital d’Orange, en particulier pour des raisons sociales. Pour les salariés d’Orange, l’un ou l’autre serait impensable », estime un proche du dossier.

Une combinaison incluant Orange semble pourtant la seule possible pour permettre un retour à trois, tant les antagonismes entre les propriétaires des trois autres opérateurs sont forts. « Martin Bouygues ne fait confiance ni à Patrick Drahi ni à Xaviel Niel et les relations entre ces deux derniers ne valent pas beaucoup mieux; ça n’aide pas à trouver une combinaison gagnante », souligne le spécialiste du secteur.

Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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