Le secteur du luxe accentuait ses pertes mercredi sur les places boursières européennes, malgré une performance trimestrielle solide de LVMH, cependant inapte à rassurer les opérateurs face aux incertitudes économiques.

Le numéro un mondial du luxe LVMH a poursuivi sur sa lancée au troisième trimestre, avec des ventes en progression de 10%, conformes aux attentes, malgré les craintes d’un ralentissement en Chine pesant sur le secteur en raison des tensions commerciales avec les États-Unis.

Mais les opérateurs redoutent que le secteur du luxe « ne puisse pas tenir les rythmes de croissance des trimestres précédents en cas de ralentissement économique beaucoup plus fort dans les pays émergents et particulièrement en Chine », indique Yann Azuelos, gestionnaire de portefeuilles chez Mirabaud France.

Mardi, le Fonds monétaire international a abaissé les perspectives de croissance mondiale pour 2018 et 2019, pointant les risques entourant la crise des devises dans certains pays émergents et la guerre commerciale qui fait rage entre les États-Unis et la Chine.

Volonté de rotation sectorielle

L’organisation estime que la croissance va ralentir en 2019 à 6,2% pour la Chine, une zone à laquelle le secteur du luxe est très sensible. Ce mouvement marque aussi « une volonté de rotation sectorielle » de la part des opérateurs qui misent sur les secteurs en retard et vendent des titres de secteurs qui ont tiré le marché français à la hausse jusqu’ici, comme le luxe et l’aéronautique, explique Yann Azuelos, gestionnaire de portefeuilles chez Mirabaud France.

Les actifs du luxe ne sont « plus en vogue », souligne aussi Morgan Stanley, qui a abaissé sa recommandation à la baisse sur le secteur européen du luxe européen de « neutre » à « sous-pondérer ». La semaine dernière, certains analystes évoquaient déjà un possible ralentissement du secteur, après un excellent premier semestre. « Pour Kering, le marché craint un risque d’atterrissage brutal qui nous paraît surdimensionné par rapport aux fondamentaux d’une marque réinventée et globalisée », nuance cependant mercredi Invest Securities.

L’action Kering, qui était « vue comme la meilleure performance boursière depuis le début de l’année est quasiment revenue à l’équilibre, n’étant plus qu’en gain de 1,6% depuis le début de l’année », détaille M. Azuelos. Mais « LVMH tient encore 12% de hausse depuis le début de l’année malgré la baisse d’aujourd’hui ».