Krach surprise ou correction logique et vice-versa ? Mercredi 10 octobre, les marchés financiers ont sérieusement dévissé : à la clôture, le CAC 40 cédait 2,11 % à 5206,22 points tandis que Dax allemand n’abandonnait que 2 % alors qu’au même moment à New-York, le retrait était plus marqué : – 2,30 % pour le Nasdaq et surtout -3,26 % pour le S&P 300. Quant à Shanghaï, le Hang Seng tombait de près de 5 % au cours de la nuit. En toute logique, les pertes se poursuivaient, mais sans se creuser le lendemain avec un indice tricolore à – 1,92 % et un Nasdaq Composite en recul de 1,20 %, soit près de dix points sous son record du 29 août dernier. Ce retournement n’a cependant rien d’une surprise. L’été dernier, MieuxVivre.fr avait interrogé divers analystes et gérants. Tous partageaient le même diagnostic : la volatilité agiterait les places boursières. Jeudi dernier, elle ressortait a + 9 % sur les marchés américains telle que la mesurait l’indice VIX (un indicateur de volatilité du marché financier américain). Un mois et demi après, les mêmes facteurs de stress entourent les échanges de titres, devises, dérivés, etc. Tous trouvent leur origine dans un contexte géopolitique tendu.

L’Italie, le Brexit…

A 2,4 % annoncé, le déficit budgétaire italien 2019 reste très en deçà du seuil infamant des 3 %. En revanche, la prévision d’une croissance fixée à 1,6 % par le gouvernement convainc peu. Tout comme l’absence de réformes structurelles majeures. Les remarques et avertissements lancés par la Commission de Bruxelles- qui au passage semble oublier qu’il s’agit d’un des rares états à aligner des excédents primaires, ajoutés aux ripostes irritées de Monsieur Malvini seront l’étincelle qui ravivera ce brasier… jusqu’à la fin novembre. Quant au Brexit, les marchés seront fixés dès lundi soir sur son issue en mars prochain : soft ou hard, c’est-à-dire sans accord. Tous les dirigeants de toutes les valeurs cotées croisent les doigts en faveur de la première option qui leur épargnerait, d’une part un complexe processus d’adaptation et, d’autre part des échanges très ralentis entre les deux rives de la Manche : tant pour vendre des marchandises au Royaume-Uni que pour se procurer certains de leurs composants.

Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis

En dépit d’accords arrachés au Mexique et au Canada, Donald Trump poursuit sa guerre commerciale vers la Chine. L’offensive se calque sur un agenda crucial pour la Maison Blanche : les élections de mi-mandat, tout début novembre, qui reconduiront (ou pas) la majorité présidentielle. Pour les salles de marché, cette échéance impactera aussi une économie américaine qui a retrouvé un tonus inédit depuis la fin des ‘sixties’. A cela s’ajoute la repentification des taux, courts et longs, outre-Atlantique, qui par ricochet affecte le dollar, et, in fine l’accès au crédit des pays émergents.

Malgré cela, il ne faut pas désespérer des marchés financiers même si la correction pourrait se poursuivre. D’abord parce que la croissance européenne repart après le trou d’air du premier semestre. Ensuite parce que le repli des cours rend les valorisations plus raisonnables. Autant d’opportunités pour se (re) positionner ou renforcer certaines lignes de votre portefeuille. Ainsi après la célébration des résultats, voici venu le temps des sanctions pour toutes les déceptions.

Des opportunités

Profitez donc de la « surréaction » des marchés pour effectuer une business review, prélude à de prochaines emplettes. Surveillez donc de près les cinq valeurs du luxe, intéressez-vous à l’évolution des financières qui voient dans la repentification des taux un frémissement des vents. Du côté de l’automobile, préférez les équipementiers comme Faurecia, Plastic Omnium, Valeo ou Arkema ( le chimiste qui fournit les matériaux composites) voire ST Microelectronics et ses puces (qui envahissent les autos) aux constructeurs.

Soyez circonspects envers les opérateurs Télécoms. Au vu des résultats des enchères des fréquences 5G italiennes (elles ont rapporté au gouvernement plus de six milliards au lieu de 1,5 milliards escomptés), Iliad, Altice Orange et Bouygues redoutent de casser leur tirelire mais aussi de lourds investissements pour mailler l’Hexagone et effacer les zones blanches ou de non réception. Et ce alors que les prix de leurs forfaits baissent