Krach durable sur les marchés financiers ou simple ajustement ?

La correction actuelle était prévisible. Les facteurs de stress perdureront sur les prochaines semaines. Pourtant diverses forces de rappel commencent à émerger.

Ce mercredi, le CAC 40, qui avait pourtant entamé la journée sur un rebond, à clôturé en retrait de 0,29 % à 4953,09 points. Crédit : Istock.

L’embellie n’aura même pas tenu une séance : mercredi 24 octobre, le CAC 40, qui avait pourtant entamé la journée sur un rebond, à clôturé en retrait de 0,29 % à 4953,09 points. Idem pour l’euro Stoxx 600 qui a cédé 0,34 % à 3130,33 points. Ces replis apparaissent comme de simples risées comparées à la bourrasque qui s’est propagée sur les autres places financières : À Wall Street, le Dow Jones 500 s’est érodé de 2,41 % quand le Nasdaq Composite plongeait pour sa part de 4,43 %. Poursuivant sa course, le coup de tabac a ensuite atteint les places asiatiques : – 3,72 % à Tokyo, avec un Nikkei en repli de 13 % depuis le 1er janvier, – 2,41 % à Séoul, – 1,35 % à Shanghai, – 2,7 % à Hong Kong. La Banque Postale AM le pointait il y a quelques jours : la volatilité est un animal nocturne qui s’agite surtout entre deux séances. Conclusion claire ou entre les lignes des bureaux d’études : l’aversion au risque est de retour… au point de forcer les marchés financiers à la capitulation ?

Les facteurs qui alimentent cette correction

Comme l’analysait le Cercle des Économistes Indépendants, la dégradation régulière du contexte de marché impliquait tôt ou tard une correction. La voilà enfin ! Les facteurs l’alimentant sont connus. Ils sont politiques avec les tensions européennes, suite au rejet par Bruxelles du projet de budget italien et la perspective d’un No Deal ou Brexit ‘perdant perdant’ pour le Royaume-Uni et l’UE. Economiques aussi, avec une visibilité qui se réduit sur la croissance mondiale, en raison des sanctions américaines contre les exportations chinoises. La Chine qui a aussi dévoilé un PIB trimestriel décevant lundi dernier. Ajoutez à cela, une normalisation des politiques des banques centrales, qui se rapproche à grand pas et vous pourrez concocter un cocktail Molotov incendiaire pour les marchés ! Qui, au quotidien, constatent également un ralentissement de la croissance des résultats des valeurs cotées : ils ne devraient progresser que de 10 % l’an prochain.

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Pas de panique

Les raisons de s’inquiéter ne manquent pas. Mais pas de panique. D’abord parce que l’économie européenne se raffermit, comme le montrent les derniers PMI français d’IHS Markit : 54,3 en octobre contre 54 un mois plus tôt. Mieux, les embauches progressent de 2,7 % selon l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale). Mais voilà : dans l’Hexagone, le moral des chefs d’entreprise se plombe au fil des dépêches en provenance de Bruxelles ou des sphères politiques… Surtout, les marchés surréagissent plus que jamais aux surprises : les résultats décevants bien sûr, mais de plus en plus les anticipations mitigées comme en témoignent l’accueil réservé aux publications d’Atos, Valeo, ST Microelectronics, etc.
Et demain ? Plus que jamais l’agenda transatlantique donnera le La, avec les élections de mi-mandat début novembre aux Etats-Unis, où les sondages sont très serrés, et sur le Vieux Continent, les feuilletons du Brexit et du budget italien. Les marchés n’ont pas fini de tanguer, à la hausse comme à la baisse, suggérant de saisir tous ses à-coups tant pour prendre des bénéfices que pour se renforcer.

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