Amundi, poids lourd mondial de la gestion d’actifs, a maintenu vendredi ses objectifs à horizon 2020 en dépit d’un contexte de marché « plus difficile », après des bénéfices inférieurs aux attentes sur le troisième trimestre. Le groupe français a augmenté son bénéfice net de 13,3% à 209 millions d’euros, dans un environnement de « plus grande aversion au risque » qui se traduit par un ralentissement de la collecte nette de la part de la clientèle de détail en Europe. Le consensus compilé par le fournisseur de données financières Factset tablait sur 233 millions d’euros. Et celui de l’agence Bloomberg visait un bénéfice net ajusté de 238,5 millions d’euros, alors qu’il ressort à 230 millions d’euros. « Aujourd’hui, il n’ y a pas de raison de changer nos objectifs », a commenté Yves Perrier, directeur général d’Amundi, lors d’une conférence téléphonique. « Il faudrait une baisse durable des marchés sur la période pour que les résultats soient affectés. » 

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Les marchés financiers sont actuellement en proie à l’aversion pour le risque dans un environnement truffé d’incertitudes, sur d’importants dossiers tant politiques qu’économiques. Mais dans sa feuille de route à trois ans, Amundi n’avait « intégré aucune progression des marchés » financiers et « nous avons peut-être eu raison d’être prudents », a observé M. Perrier. Il a précisé que les prévisions à horizon 2020 (une croissance annuelle moyenne d’environ 7% du bénéfice net ajusté pour atteindre plus d’un milliard d’euros, et une collecte nette de 50 milliards d’euros par an en moyenne) étaient basées sur « un environnement à peu près normal, ni exceptionnellement favorable ni exceptionnellement défavorable ». Le groupe est, selon lui, déjà « en avance », avec une croissance de 11% du bénéfice net ajusté sur neuf mois mais aussi une collecte nette de 48,5 milliards d’euros sur cette période. Au vu de cette » résilience », « on n’a pas de raison de changer les engagements, on a même toutes les raisons de les confirmer ». « Dans cet environnement plus difficile, on est non seulement celui qui résiste, mais on court plus vite que les autres », avec un « taux de croissance annualisé des encours de 4,5%, le plus fort du secteur », a assuré le patron.

« Nous ferons face »

Même la situation italienne ne semble pas inquiéter beaucoup les dirigeants d’Amundi.  « Jusqu’à maintenant le contexte d’incertitude politique italienne n’a pas pesé sur notre activité », affirme M. Perrier qui ne voit « pas de raison pour que ça change de manière très substantielle » au vu des « fondamentaux solides » du pays transalpin. D’autant plus que « nous avons gagné des parts de marché en Italie durant ces dernières périodes ». Le directeur financier a d’ores et déjà calculé qu' »une baisse de 10% des marchés actions représente un impact sur nos encours en année pleine de 25 à 30 milliards d’euros et de l’ordre de 80 à 85 millions d’euros sur nos revenus en année pleine ». « On observe toujours les conséquences d’une plus grande aversion au risque de la part de la clientèle » de détail qui se traduit par un « ralentissement par rapport à la très forte collecte observée en début d’année », a pour sa part détaillé Nicolas Calcoen, le directeur financier du groupe.

A nouveau tirée par l’international, la collecte nette du trimestre, c’est-à-dire les dépôts des clients moins les retraits, s’est élevée à 6,1 milliards d’euros. Amundi a souffert d’un ralentissement traditionnel de l’activité pendant l’été, mais aussi de la fin d’un mandat de gestion en Italie qui s’est traduite par la sortie de 6,5 milliards d’euros. De son côté, le segment institutionnel a poursuivi « une très bonne dynamique ». « On peut encore l’accélérer » en tirant partie notamment « du renforcement de la notoriété d’Amundi » et de son expertise, a estimé son directeur général alors qu’Amundi « vient de gagner un très gros mandat pour un grand fonds souverain ». « Il n’ y a ni métiers ni pays d’Amundi où je ne vois pas de potentiel de croissance ».