La marche vers l’automobile électrique ou hybride, connectée puis autonome n’explique pas à elle seule les déboires boursiers de Valeo. L’équipementier, spécialiste de l’optique et de la motorisation, voit son cours de Bourse piquer de près de 56 % depuis le 1er janvier. Et encore, il était tombé plus bas au plus fort de la correction boursière d’octobre. Les marchés ne condamnent pas un futur dinosaure industriel mais sanctionnent des perspectives futures prudentes, voire pessimistes, quant à l’évolution sur les dix-huit prochains mois des ventes automobiles. En Europe, l’entrée en vigueur des nouvelles normes anti-pollution ralentit la dynamique, comme en témoignent le décevant troisième trimestre des constructeurs allemands. De même, à compter du printemps, le Brexit compliquera l’équation. Outre un soft landing des économies chinoise et américaine, il faut aussi compter sur d’éventuelles mauvaises nouvelles chez les pionniers de l’auto autonome aux Etats-Unis.

Regarder vers d’autres fournisseurs

La défiance n’épargne personne : hormis Peugeot, qui progresse de plus de 24,6 % sur la période, tous les acteurs décrochent. Les équipementiers, hier encensés pour leurs marges juteuses et la diversification de leurs débouchés, encaissent un gros trou d’air : Faurecia recule de plus de 33 %, Plastic Omnium cède plus de 31 % et même Michelin se replie de 25 %.
Autant de raisons plaidant pour une business review, préliminaire à des achats ou des renforcements de positions sur la cote ‘auto’ de la place de Paris. A condition d’élargir la focale à d’autres fournisseurs des uns et des autres : Arkema et ses matériaux composites, Nexans et ses câbles électriques, Saint-Gobain et ses vitrages et les aciers d’ArcelorMittal. Sans oublier STMicroelectronics et ses puces et circuits imprimés sans lesquels aucune auto ne démarre.

Surveiller de près Renault

Il convient de surveiller de près et dès maintenant Renault. A 64,87 euros, l’action affiche une PE ou rapport cours/bénéfices de 3,55 pour un rendement de 5,36 %, ce qui incite à se renforcer avec un objectif de cours de 90 euros. A contrario, tout repli de Peugeot sera mis à profit pour se renforcer. Du côté des équipementiers, Valeo propose le Pe le plus alléchant : 6,58 pour un rendement de 4,35 %. Quelques achats peuvent être entrepris avec un objectif de cours de 38 euros. Avec un rapport cours/bénéfices de 10,36 Faurecia semble chère. Mais la valeur monte en puissance à coup d’acquisitions et de partenariats dans la voiture du futur. D’où l’intérêt de renforcer cette ligne jusqu’à 56 euros. Idem pour Plastic Omnium (Pe de 9,21 pour un rendement de 2,54 %) avec un objectif de cours de 27 euros. Quid de Michelin ? Il peut compter sur le tonus de l’aviation, son autre grand marché : à 90,72 euros, l’action ne s’échange que 9,76 fois les bénéfices futurs, avec un rendement de 3,87 %. L’achat fait sens pour un objectif de cours de 115 euros. Et encore plus celui de STMicroelectronics, certes ‘hors de prix’ au vu des autres valeurs, malgré sa dégringolade récente (-17,75 % sur trois mois) : un Pe de 22,75 pour un rendement famélique de 1,19 %. L’occasion d’y revenir avec un objectif de cours de 22 euros.
Quand au second cercle ou fournisseurs des équipementiers, les valorisations actuelles s’affichent encore meilleur marché, en raison entre autres du rebond de leurs matières premières. Bien que la plus chère avec un Pe de 12,3, Arkema cumule beaucoup d’atouts, dont la stabilisation attendue des cours du pétrole, qui justifie son achat jusqu’à 118 euros. Tout repli de Saint-Gobain et ArcelorMittal pourra être mis à profit pour se renforcer.