Craignant un retour en force des tensions commerciales, la Bourse de Paris décroche

Après avoir ouvert en nette baisse, la cote parisienne a décroché et s’est enfoncée dans le rouge. La Bourse de Paris chutait jeudi à la mi-journée (-2,68%), craignant une dégradation des relations commerciales sino-américaines, après l’arrestation d’une haute responsable du chinois Huawei. A 15h30, l’indice CAC 40 perdait 134,93 points à 4.809 points, soit son plus bas niveau depuis février 2017, dans un volume d’échanges de 1,7 milliard d’euros. La veille, il avait fini en net recul de 1,36%.

De son côté, Wall Street se préparait à ouvrir également en terrain négatif. Le contrat à terme sur l’indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 1,53%, celui de l’indice élargi S&P 1,49% et celui du Nasdaq, à dominante technologique, 1,99%. « L’arrrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, ce week-end au Canada, a ébranlé la confiance des investisseurs », a commenté David Madden, un analyste de CMC Markets.

Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms, a été arrêtée le 1er décembre à Vancouver, les Etats-Unis réclament son extradition et une audition pour sa remise en liberté conditionnelle doit avoir lieu vendredi, selon le ministère de la Justice canadien. Selon des informations de presse, Washington soupçonnerait Mme Meng de violation des sanctions américaines contre l’Iran. « Les relations entre les Etats-Unis et la Chine s’amélioraient après le G20, à présent l’arrestation pourrait bloquer le processus », a indiqué M. Madden.

Les deux premières puissances mondiales avaient conclu une trêve de 90 jours dans leur guerre douanière à l’issue du sommet afin de tenter de renégocier leurs relations commerciales. « La tension entre les Etats-Unis et la Chine est remontée d’un cran », a observé de son côté Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance.

Côté européen, le contexte politique restait également complexe. « Theresa May provoque un débat houleux au Parlement sur l’accord avec l’Union européenne, où elle est loin de l’emporter, et en Italie, le gouvernement italien enverrait la version révisée du budget à l’UE d’ici la semaine prochaine », a détaillé M. Pichard.  « En résumé, les conditions d’un vrai mouvement de soulagement ne sont pas encore réunies… Loin de là », a-t-il estimé. 

L’ensemble du CAC dans le rouge

Du côté des indicateurs, les commandes passées à l’industrie allemande ont légèrement progressé sur un mois en octobre. Le reste de l’agenda est essentiellement américain, avec les commandes industrielles pour octobre, les créations d’emplois dans le secteur privé (Enquête ADP) pour novembre et l’estimation finale de la productivité pour le troisième trimestre. Les investisseurs prendront également connaissance des demandes hebdomadaires d’allocations chômage ainsi que d’un rapport sur les stocks de pétrole aux Etats-Unis.

En matière de valeurs, le secteur technologique, fragilisé par les craintes de regain de tensions sino-américaines, évoluait en bas du tableau. STMicroelectronics reculait de 4,89% à 12,25 euros et Soitec de 5,62% à 49,08 euros. Capgemini était en outre pénalisé (-7,39% à 95,62 euros) par un abaissement de sa recommandation par Barclays.

Le secteur automobile était également à la peine, à l’instar de Peugeot (-2,81% à 18,14 euros), Renault (-3,02% à 58,04 euros), Michelin (-3,05% à 87,58 euros) et Valeo (-3,17% à 25,00 euros). Sanofi baissait de 1,64% à 76,77 euros, après avoir annoncé 670 suppressions de postes dans ses fonctions support en France d’ici à fin 2020, sur une base volontaire, dans le cadre d’un nouveau plan mondial de transformation.

Latécoère plongeait de 20,09% à 2,55 euros, pénalisé par une prévision amoindrie de sa rentabilité pour 2019. L’équipementier a en revanche révisé à la hausse sa prévision de chiffre d’affaires. Recylex baissait de 2,78% à 5,95 euros, affecté par l’annonce de nouvelles discussions avec ses créanciers au sujet des conditions de son financement, à cause des performances décevantes d’un de ses sites en Allemagne.

Genfit grimpait de 6,63% à 21,54 euros, soutenu par des résultats positifs d’un essai de phase II évaluant l’efficacité et la sécurité de son candidat-médicament phare, elafibranor, pour traiter une maladie chronique et rare du foie. bioMérieux cédait du terrain (-5,88% à 60,80 euros) en raison d’une baisse de sa recommandation par Kepler Cheuvreux.

Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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