Bourse : le titre Vinci impacté à long terme par les gilets jaunes

En Bourse, le titre Vinci est chahuté depuis plusieurs semaines. En cause, le mouvement des gilets jaunes.

©FRED SCHEIBER/SIPA

Chaque semaine, sur Mieuxvivre.fr, les journalistes de La lettre de la Bourse analysent une valeur de la cote parisienne et vous conseillent de l’acheter, de la vendre ou de rester à l’écart du titre. La Lettre de La Bourse est une publication du groupe Valmonde, éditeur du magazine Mieux Vivre Votre Argent.

Une fois n’est pas coutume, le titre Vinci sous-performe l’indice CAC 40 sur un mois alors que la valeur est réputée pour son profil défensif en raison de l’exposition du groupe aux concessions autoroutières et aux plates-formes aéroportuaires. L’excellente visibilité sur les trafics automobiles et aériens et l’indexation d’une partie des recettes sur l’inflation offrent à Vinci une forte récurrence sur son chiffre d’affaires et une contribution importante à ses profits (les deux tiers de l’excédent brut d’exploitation). Or, les derniers événements sociaux en France avec les gilets jaunes ont assombri les perspectives de ce pôle concessions. Et ce, à deux niveaux.

Une hausse des tarifs de péage compromise

Celui d’abord de la prochaine hausse des tarifs de péages qui doit intervenir comme chaque année début février selon une règle de calcul défini dans un contrat de plan signé sur quatre ou cinq ans avec l’Etat. Face à l’insurrection populaire des quatre dernières semaines,Bercy a préféré annuler une réunion avec les acteurs des concessions autoroutières prévue autour de la tarification. Même si l’Etat venait à donner son feu vert, cela risquerait d’être très difficile à Vinci de faire accepter une revalorisation à des automobilistes déjà en colère sur les prix du carburant.

Des risques sur les privatisations

Le deuxième obstacle que soulève cette crise des gilets jaunes repose sur le maintien du programme de privatisations lancé à l’automne par le gouvernement Philippe et qui concerne Aéroports de Paris, la Française des Jeux et Engie. Le thème des privatisations a toujours soulevé beaucoup de contestations dans notre pays et les Français ont encore en mémoire les privatisations des sociétés autoroutières réalisées en 2005 et 2006 et considérées comme des cadeaux faits par l’Etat à des groupes comme Vinci ou Eiffage.

Vinci, candidat au rachat d’ADP

Déjà actionnaire de référence d’ADP avec 8% du tour de table, Vinci est intéressé depuis longtemps pour reprendre la participation de 50,6% de l’Etat au capital de la plate-forme d’exploitation des trois aéroports parisiens (Roissy, Orly et Le Bourget). Un décalage,voire une annulation pure et simple de la privatisation d’ADP, constituerait une occasion manquée pour Vinci d’accélérer le développement de son portefeuille d’actifs aéroportuaires. Face à ce manque de visibilité lié à la crise sociale en France, le titre Vinci risque de rester sous pression. Mais ces atouts ne sont pas remis en cause et la récente baisse du titre a ramené sa valorisation à des niveaux attractifs de 13,7 et 12,6 fois les profits pour cette année et 2019.

L’avis de la rédaction sur le titre Vinci

Nous maintenons notre avis « plutôt positif » sur cette très belle valeur de fond de portefeuille qu’est Vinci (code Isin :FR0000125486). Notre objectif de cours se situe à 92 euros.

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