Conseil Bourse : pourquoi la défiance envers Plastic Omnium est excessive

L’équipementier automobile Plastic Omnium a confirmé ses objectifs pour 2018. Et les fondamentaux du groupe sont bons. Pourtant, son cours repart sévèrement à la baisse.

Pour préserver ses fondamentaux très solides,Plastic Omnium a prévu d’optimiser sa recherche et de rationaliser ses investissements. @Istock

Chaque semaine, sur Mieuxvivre.fr, les journalistes de La lettre de la Bourse analysent une valeur de la cote parisienne et vous conseillent de l’acheter, de la vendre ou de rester à l’écart du titre. La Lettre de La Bourse est une publication du groupe Valmonde, éditeur du magazine Mieux Vivre Votre Argent.

Rien n’y fait ! L’équipementier automobile Plastic Omnium a beau avoir tenté de rassurer les marchés en confirmant ses objectifs pour 2018 (hausse de plus de 5% du chiffre d’affaires économique, stabilité du résultat opérationnel et forte progression du résultat net), son cours est reparti à la baisse après l’annonce d’un troisième mois consécutif de repli du marché automobile européen (-8% en novembre) alors que quelques jours plus tôt, on apprenait aussi que le marché chinois avait poursuivi sa chute (-13,9% en novembre) pour le cinquième mois consécutif.

Des atouts majeurs

Dans cet environnement adverse, le groupe spécialisé dans les systèmes de carrosserie intelligents et d’énergies propres a du mal à mettre en avant ses atouts pourtant majeurs.Grâce à ses produits innovants et qui permettent aux constructeurs de mieux relever les défis de la voiture propre et connectée, ainsi qu’à sa forte exposition au segment des SUV, il est amené à gagner d’importantes parts de marché, que ce soit dans les pare-chocs, les systèmes à carburant ou encore les modules de bloc-avant. Y compris en Chine où la montée en puissance des nouveaux sites devrait se manifester par un levier opérationnel important. De quoi envisager une surperformance de 5 points de la production automobile mondiale en moyenne chaque année jusqu’en 2021. Autrement dit, l’équipementier est capable de croître, même dans un scénario pessimiste de baisse prolongée de son marché. Il prévoit d’ailleurs une progression régulière de son résultat opérationnel jusqu’en 2021 tout en continuant de générer plus de 200 millions d’euros de cash-flow libre par an.

Un bilan totalement désendetté à 3 ans

Pour préserver ses fondamentaux très solides,Plastic Omnium a prévu d’optimiser sa recherche et de rationaliser ses investissements (ils vont passer à 6% du chiffre d’affaires contre 7% à 8% précédemment), sans oublier un effort encore plus soutenu sur les réductions de coûts. S’il respecte sa feuille de route, le bilan serait totalement désendetté à un horizon de trois ans. De quoi réfléchir à des acquisitions et surtout répondre aux enjeux de la voiture de demain. Tous les systèmes développés par le groupe sont capables d’intégrer des capteurs et radars indispensable à la connectivité des véhicules. L’équipementier est aussi en mesure de proposer des solutions de stockage spécifiques pour les voitures hybrides rechargeables ou à moteur thermique turbocompressé. Il a par ailleurs engagé des investissements en vue de devenir un acteur majeur de l’hydrogène et de la pile à combustible,susceptible de constituer un nouveau pôle d’activité et un relais de croissance majeur pour le futur.

Bien que le carnet de commandes à l’horizon 2021 soit aujourd’hui sécurisé à 90%, les investisseurs préfèrent se focaliser sur les données de marchés à court terme, peu favorables au secteur automobile dans son ensemble. Cela se traduit par des niveaux de valorisation particulièrement faibles puisque l’action Plastic Omnium ne capitalise plus que 6,5 fois les profits attendus cette année alors que les résultats paraissent encore perfectibles, même dans un environnement adverse. L’équipementier, désormais recentré à 100% sur l’automobile après la vente de sa division environnement, a pourtant connu des situations compliquées, notamment en 2008. Il en est toujours ressorti renforcé grâce à une stratégie pertinente de long terme, axée sur l’investissement et l’innovation et insufflée par la famille Burelle qui n’a cessé de monter dans le capital avec une participation désormais supérieure à 58%.

Le conseil de la rédaction de la Lettre de la Bourse

Si le secteur automobile devrait rester sous pression, dans le sillage des marchés européen et chinois, le titre est devenu très bon marché et sa valorisation ne reflète pas la qualité des fondamentaux du groupe. Des achats sont possibles pour viser un premier objectif de 25 euros.

Code Isin : FR0000124570.

Sur le même thème

Conseils Bourse

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique