Pourquoi l’alcool est bon pour votre portefeuille boursier

La fin de l’année représente une échéance cruciale pour les groupes français de spiritueux côtés : plus du tiers de leurs ventes s’écoulent sur un mois et demi. Ces valeurs ont su s’adapter à un environnement à priori hostile : tout compte fait les campagnes anti-alcool et la demande pour des produits plus sains et plus chics leur permettent d’amplifier leurs marges.

Alors que la consommation mondiale d'alcool ne cesse de décliner depuis soixante ans, les bénéfices coulent à flots chez Vranken-Pommery, Rémy Cointreau, LVMH, Lanson BCC ou Laurent Perrier. Crédit : Istock

C’est un paradoxe qui fait le bonheur des investisseurs : alors que la consommation mondiale d’alcool ne cesse de décliner depuis soixante ans, les bénéfices coulent à flots chez Vranken-Pommery. Rémy Cointreau, LVMH, Lanson BCC ou Laurent Perrier. Même Pernod-Ricard, numéro deux mondial du secteur, suscite les convoitises du fond activiste Elliott. L’indice Euro Stoxx Food & Beverages affiche au soir du 14 décembre un gain de 34,88 % sur trois ans contre seulement 7,64 % pour le CAC 40.

Si la quantité décline, les vins, bières et spiritueux ne cessent de se bonifier : les premiers voient leur degré d’alcool baisser alors que celui des seconds s’élève. La tendance, appelée aussi Premiumisation, implique des marges plus élevées. Même l’ostracisme publicitaire qui les frappe les avantage : chez Pernod-Ricard le budget promotion consomme 19 % du chiffre d’affaires. Sa baisse forcée n’à pas plombé les prix. Au contraire : désormais ces marques vendent un art de vivre, une expérience de convivialité sans excès, loin d’être incompatible avec la quête de bien être et de santé des consommateurs des pays matures. Ceux des marchés émergents ou frontières (telle l’Afrique), constituent leurs relais de croissance : quand les ventes stagnent sur le Vieux Continent, elles progressent ‘double digit’ en Asie, Europe Centrale,Amérique-latine, etc. D’où, un marché mondial attendu à 1007 milliards de dollars en 2022, contre 929,3 milliards l’an dernier, selon l’américain IWRC.

Des titres à éviter

D’où un secteur à surveiller de près en ces périodes de fêtes. A commencer par Advini. A première vue, le producteur et négociant de vins du Languedoc et du Nouveau Monde a tout pour plaire : avec un cours de 27,2 euros à la clôture du 14 décembre, le titre se paie 13 fois les bénéfices futurs et dégage une rentabilité nette de 1,66 %. Mais voilà : la liquidité ne suit pas : 116 titres échangés ce jour-là. A moins de viser le très long terme, mieux vaut éviter cette action qui recule de 11,61 % sur trois ans et de 17,99 % sur un an. Idem pour Marie Brizzard Wines, qui plonge respectivement de 79,5 et 11,92 % malgré des échanges de 22 691 titres. Ou Lanson BCC : 41 actions par jour pour le spécialiste du champagne, qui, au cours de 30,6 euros affiche un PER 2019 de 17, une érosion de 0,36 % depuis 2015 et une perte annuelle de 20,35 % , pour un rendement de 1,39%.

Des valeurs à privilégier

Mieux vaut Laurent Perrier, moins rentable (1,33 %) et plus cher : un PER 2018 de 23 pour un cours de 90 euros, mais des gains de 11,39 % et 14,54 %sur un et trois ans. L’investisseur se reportera aussi sur Vranken-Pommery, numéro deux du champagne et présent sur les vins tranquilles. Malgré un PER 2019 de 22 (pour un cours de 24 euros), il offre la sécurité d’échanges autour de 1300 titres par jour, des performances sur un et trois ans de 0,26 et -8,26 %, avec un rendement de 3,85 ! Chez LVMH, les cognacs, champagnes et sparklings (sa marque Moët vend davantage de prosecco que de Brut) contribuent fortement aux résultats d’un groupe qui voit son PER descendu à 30. Plus chère avec un PER de 33, Rémy Cointreau fait moins bien : 61,6%  et 10,13 %. Quant à Pernod-Ricard, l’intérêt d’Elliott saute aux yeux : un PER 2019 de 24, + 14,57 et + 45,29 % sur un et trois ans. Et encore, ces chiffres se sont appréciés depuis l’annonce de l’intrusion de l’Américain au capital du numéro deux mondial du secteur.

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