Bourse: 10 actions sur lesquelles miser en 2019

La rédaction a sélectionné 10 actions pour allier performance et diversification en se concentrant sur les secteurs peu sensibles à la conjoncture ou qui offrent un maximum de visibilité.

Crédit: iStock.

Sauf ultime coup de théâtre, l’année boursière 2018 devrait laisser un goût amer aux investisseurs. Elle avait pourtant bien débuté avec des records en série, tant à Wall Street qu’à Paris. Mais c’était sans compter sur certains éléments exogènes. En particulier, le retour de l’inflation et son impact sur la politique monétaire plus restrictive de certaines banques centrales, notamment américaine, ainsi que la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump. Au bout du compte, le bilan est lourd avec une baisse de près de 7 % pour le CAC 40. Il ne s’agit là que d’une moyenne. Dans certains cas, la chute a été beaucoup plus rude, notamment dans l’automobile (60 % pour Valeo, 33 % pour Renault, 27 % pour Michelin). Seuls trois secteurs (l’aéronautique, le luxe et le pétrole) ont tiré leur épingle du jeu.

Dans le compartiment des valeurs moyennes, la purge a été encore plus sanglante en raison du tarissement des liquidités, préjudiciable à ce segment de la cote. Dans ce contexte, notre sélection du début de l’année 2018 n’a pas échappé à la correction. Elle l’a même amplifiée. En effet, la situation économique et politique étant très différente il y a un an, nous avions opté pour une sélection assez offensive avec des valeurs cycliques comme Schneider Electric, Spie, Renault ou Vallourec. Pour ces deux derniers cas, les baisses ont été accentuées par une forte spéculation.

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Certains investisseurs ont misé sur la fin de l’alliance entre Renault et Nissan après la révélation d’une possible fraude fiscale de son président, Carlos Ghosn. D’autres ont parié sur une nouvelle augmentation de capital de Vallourec. Une spirale baissière s’est installée, sans rapport avec les fondamentaux économiques de ces sociétés. Heureusement, Air Liquide a joué son rôle d’amortisseur. Edenred, numéro un mondial des services prépayés (Ticket Restaurant), est allé au-delà de nos attentes avec un gain annuel supérieur à 30 %. Pas suffisant toutefois pour que notre sélection surperforme le marché.

Un consensus encore optimiste, mais rien n’est acquis

L’année 2019 offre à ce stade une visibilité limitée. Sur le plan politique, l’Europe reste fragilisée par les négociations autour du Brexit et les difficultés pour l’Italie de respecter les principes d’orthodoxie financière imposés par Bruxelles. Sans oublier les élections européennes du 26 mai prochain qui pourraient marquer l’avènement des courants populistes. Du côté de l’économie, l’horizon s’est assombri avec la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

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La croissance ralentit en Europe et en Chine, et il pourrait en être de même aux Etats-Unis si la banque centrale menait une politique monétaire trop restrictive. Le principal élément à surveiller sera la qualité des résultats des entreprises. En 2018, les profits ont grimpé de plus de 24 % pour les sociétés américaines de l’indice S&P 500 (grâce à la réforme fiscale) et de près de 10 % pour les grandes sociétés européennes. Le consensus pour 2019 reste optimiste puisqu’il table sur une nouvelle progression de près de 9 % des bénéfices de part et d’autre de l’Atlantique. Les indices pourraient alors amorcer un rebond. Mais le retournement du cycle économique menace.

Nous abordons par conséquent cette nouvelle année avec beaucoup de prudence en nous concentrant sur les secteurs peu sensibles à la conjoncture ou qui offrent un maximum de visibilité. Voici dix actions pour allier performance et diversification.

Les valeurs cycliques

Ces sociétés sont assez réactives à la conjoncture. En phase d’expansion, l’augmentation des volumes exerce un levier positif sur leur rentabilité, mais en cas de ralentissement, le levier joue en sens inverse. Raison pour laquelle les niveaux de valorisation de ces sociétés restent généralement modérés.

Plastic Omnium

Comme l’ensemble de son secteur, l’équipementier automobile a été très attaqué en Bourse en 2018. Les performances financières ne sont pas en cause puisque le groupe s’attend à une augmentation de 5 % de son chiffre d’affaires et à une forte croissance de son bénéfice en 2018. Mais les incertitudes quant à la vigueur du marché mondial pour 2019 inquiètent, notamment en Chine. Le changement des normes d’homologation des véhicules neufs en Europe a aussi perturbé la chaîne de production, mais ce phénomène est ponctuel. Plastic Omnium a un plan de charge bien rempli et va continuera de gagner des parts de marché grâce à ses solutions innovantes permettant de réduire le poids des véhicules et les émissions polluantes. Les technologies dédiées à la pile à combustible, en développement, pourraient constituer un nouveau relais de croissance.

Spie

Introduit le 10 juin 2015 à un prix de 16,50 euros, le titre de ce leader européen des services multitechniques dans les domaines de l’énergie et de la communication affiche un parcours boursier très décevant. La faute à des marchés difficiles ces dernières années en France et en Grande-Bretagne et à un contexte dégradé dans l’énergie. Mais une inflexion est attendue pour les résultats 2018. Avec l’intégration en année pleine de la filiale allemande, SAG, la marge opérationnelle devrait repasser le seuil des 6 % à partir d’un chiffre d’affaires en croissance de plus de 7 % à taux de change constants. A moins de 9 fois les profits, le titre n’est pas cher et la Caisse de dépôt et placement du Québec en a profité, fin août, pour consolider sa position de premier actionnaire au capital. La société constitue une cible attractive.

TF1

Face à une concurrence plus rude et à l’arrivée de nouveaux distributeurs de contenus, comme Netflix, TF1 a fait évoluer son modèle économique pour moins dépendre des revenus publicitaires. Le groupe dirigé par Gilles Pélisson a mis l’accent sur la production et le digital en rachetant la société audiovisuelle Newen et le groupe de média numérique Aufeminin. Ces nouvelles activités devraient représenter près d’un tiers du chiffre d’affaires en 2019 et contribuer à l’amélioration de la rentabilité. L’objectif est de renouer avec une marge opérationnelle à deux chiffres en 2019 (8,7 % en 2017). Cette perspective est faiblement valorisée puisque le titre capitalise moins de dix fois les profits attendus en 2019 et offre un rendement supérieur à 4 %.

Les valeurs de rendement

Même si le critère du rendement n’est pas un argument suffisant pour sélectionner une valeur, il représente un motif de soutien important pour des sociétés à forte visibilité. Nous en avons choisi trois offrants entre 4 et 6 % de rémunération sécurisée avec, en outre, une dimension spéculative pour Scor.

Axa

Axa a souffert en Bourse du maintien des taux d’intérêt bas, ce qui pénalise son pôle épargne et assurance vie. Pour autant, le recentrage opéré depuis 2016 sur les métiers de la santé, des entreprises (avec le rachat cette année, aux Etats-Unis, du groupe XL) et de l’épargne retraite est une vraie réussite. L’objectif est de rendre le groupe moins dépendant des marchés financiers. Les cibles du plan stratégique Ambition 2020 ont été relevées et visent une rentabilité des capitaux propres de 14 à 16 % (contre 12 à 14 % auparavant) et la distribution de 50 à 60 % des profits (contre 45 à 55 % précédemment). Le ratio dit de Solvabilité II, compris entre 170 et 220 %, était déjà respecté à la fin de septembre 2018 (195 %) grâce à l’introduction à Wall Street de la filiale américaine, Axa Equitable Holdings. Le dividende n’a jamais baissé depuis 2008 et offre un rendement supérieur à 6 %.

Nexity

Ce leader de la promotion immobilière a renforcé cette année son pôle défensif des services avec son entrée majoritaire au capital d’Aegide-Domitys, spécialisée dans la gestion d’établissements non médicalisés pour les seniors. L’objectif d’ici à 2021 est de réduire la sensibilité du groupe au cycle de la construction de logement en développant la part des services (pour atteindre 45 % de l’excédent brut d’exploitation) et de la construction d’actifs tertiaires (bureaux, commerces). Cela devrait conduire sur les trois prochaines années à une progression de 10 % par an du chiffre d’affaires et de l’excédent brut d’exploitation. La forte culture actionnariale de la société (12,5 % du capital sont aux mains des dirigeants) offre des garanties sur la distribution. Le dividende sera maintenu à 2,50 euros par action jusqu’en 2021. Il fait ressortir un rendement sécurisé proche de 6 %.

Scor

A la fois équilibré géographiquement et entre les deux métiers de la réassurance vie et de la prévoyance des risques, le cinquième réassureur mondial attise les convoitises. Et pour cause, il est apprécié des agences de notation pour la solidité de son bilan, avec un ratio de solvabilité de 222 %, au-dessus de la fourchette haute (185 à 220 %) qui était visée pour 2019. Les actionnaires sont habitués à une politique de distribution généreuse : entre 43 et 62 % des profits selon les années, et le dividende n’a pas baissé depuis 2006. On comprend pourquoi l’assureur mutualiste Covéa, qui possède un peu plus de 8 % du capital, a proposé 43 euros par action pour racheter Scor. Une offre rejetée mais Covéa pourrait repasser à l’offensive en 2019.

Les valeurs de croissance

Les sociétés de croissance offrent une bonne visibilité à moyen et long terme car elles interviennent sur des secteurs porteurs qui leur permettent de bien résister, même dans les phases de conjoncture plus difficiles. Elles se paient logiquement avec une prime par rapport à la moyenne du marché.

Dassault Systèmes

Ce leader mondial des logiciels de simulation en 3D offre une résistance à toute épreuve. Ses atouts : une envergure internationale, avec une présence dans plus de 140 pays. Et une avance technologique unique, qui rend ses solutions accessibles aux entreprises de toute taille et de tous secteurs (aéronautique, construction, finance, biens de consommation, énergie…). Le groupe a développé un écosystème autour des logiciels de 3D avec sa plate-forme 3DExpérience. La forte récurrence de l’activité et le lancement de logiciels plus innovants ont permis à la Dassault Systèmes de réaliser une trajectoire de performance élevée avec une multiplication par trois de ses ventes et de son résultat d’exploitation sur la période 2006-2017. Sans dette, le bilan est doté d’une trésorerie nette de 1,8 milliard d’euros. Le titre est très cher mais les risques de déception sont faibles.

Kering

Kering a affiché la plus forte croissance du secteur du luxe en 2018 grâce au regain de dynamisme de ses marques Gucci et Yves Saint Laurent, insufflé par des créateurs talentueux, respectivement Alessandro Michele et Anthony Vaccarello. Cette accélération, observée dans toutes les régions et plus particulièrement en Asie, devrait se poursuivre compte tenu des tendances qui jouent en faveur du luxe : le développement des classes moyennes dans les pays émergents, l’essor des réseaux de vente en ligne et l’engouement de la génération des millennials (nés entre 1980 et 2000) pour les produits de luxe. Le secteur devrait continuer de progresser à un rythme de 3 à 5 % par an jusqu’en 2025 et Kering devrait faire encore mieux en récoltant les fruits du repositionnement en cours de sa troisième marque phare, Bottega Veneta.

Korian

Bien que présent sur le secteur défensif de la prise en charge des personnes dépendantes, Korian n’en revêt pas moins le statut de valeur de croissance. La nouvelle direction s’est fixé des objectifs à la fois ambitieux et réalistes, consistant à hisser le chiffre d’affaires à 3,8 milliards d’euros et la marge opérationnelle à 15 % à l’horizon 2021 (3,3 milliards et 14 % en 2017). Le groupe peut compter sur la progression naturelle de son marché liée au vieillissement de la population, et aussi sur une politique d’acquisition dynamique qui l’a encore amené à reprendre récemment un portefeuille de 1 800 lits en Belgique. L’amélioration des marges doit venir du redressement de la rentabilité en Allemagne et d’une meilleure maîtrise des loyers avec une renégociation des baux et une plus forte détention des murs.

Rubis

Habitué à délivrer une progression à deux chiffres de ses profits, cet acteur mondial de la distribution et du stockage de produits pétroliers a joué de malchance en 2018. Entre la dépréciation d’actifs iraniens acquis avant les nouvelles sanctions américaines et le manque à gagner sur un site de stockage en Turquie dû aux tensions avec le Kurdistan irakien, Rubis s’achemine sur un exercice en léger recul. Ses atouts demeurent intacts, notamment ses facultés à améliorer la marge de l’activité de distribution, même en période de fortes hausses du prix des approvisionnements, et à intégrer de nouvelles acquisitions. La valorisation du titre redevient attractive.

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Réactions et commentaires

07/01/2019 at 18:14
Anonyme

Lisez N.MIGUET dans l’hebdomadaire « Bourse Plus » et vous gagnerez enfin de l’argent en investissant sur des actions.
N’ecoutez pas les banquiers »Bankster’s », ils ne pensent qu’à se goinfrer sur votre dos!!!

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