Que nous réservent les marchés financiers en 2019 ?

Trois écueils ou sources de stress – et donc de volatilité – à  court, moyen et long terme modèleront en 2019 l’évolution des places financières.

©Istock

2018 avait pourtant bien démarré… pour mal finir malgré un sursaut technique des indices boursiers  le 31 décembre dernier. Avec une correction ramassée sur l’automne, le dernier millésime boursier  laisse aux investisseurs une note finale amère. Tandis que le Dow Jones Industrial Average new-yorkais clôture l’année sur un retrait de 5,95 % – et de 3,88 % pour le Nasdaq, le Footsie londonien dévisse de 12,48 % et le Dax de Francfort plonge de 18,26 %. A Paris, le CAC limite son repli à  -10,95 %, soit 4730,69 points. En cause : les tensions politiques en Europe, le bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine, et surtout, les doutes quant à la vigueur d’un cycle haussier, entamé de l’autre côté de l’Atlantique depuis 2010 !

A LIRE >> Les 10 actions sur lesquelles miser en 2019

Le changement de millésime n’a pas ripoliné l’horizon des marchés financiers. Ainsi, trois écueils ou sources de stress – et donc de volatilité – à  court, moyen et long terme modèleront en 2019 l’évolution de la place de Paris.

Un retournement du cycle

Il y a d’abord la question de la durée du Shutdown de l’administration américaine. Faute de compromis sur le financement du mur anti-immigration à la frontière mexicaine, près de 300 000 fonctionnaires fédéraux américains sont priés de rester chez eux sans être payés. Cet immobilisme, dont le dernier étalé de 1995 à 1996 avait duré 21 jours, s’ajoute à un faisceau de signaux suggérant un retournement du cycle : un indice PMI des directeurs d’achats en repli de 5,2 points en décembre à 54,1 et des anticipations de commandes futures qui tutoient le seuil pivot entre expansion et ralentissement. Sans compter, comme l’observe Stéphane Déo de LBP AM, une poursuite de la repentification des taux avec, sur le marché des trackers une collecte en hausse sur les taux longs américains (plus de dix ans) et un mouvement inverse sur ceux dits courts. En clair : la confiance des marchés sur les prochains trimestres faiblit.

Outre les tensions politiques en Europe, le bras de fer commercial entre les USA et la Chine agitera les marchés. Si les sanctions contre les importations chinoises pénalisent l’Empire du Milieu, comme le montre la baisse de son indice manufacturier en décembre, elles atteignent les entreprises américaines. Après Ford, Apple a publié un avertissement sur ses résultats suite au renchérissement des coûts de ses fournisseurs chinois. Outre une baisse de plus de 7 % du titre de la marque à la pomme, jeudi 3 janvier, la nouvelle a entraîné une dégringolade des semi-conducteurs, en particulier de ST Microélectroniques et Soitec.

Reste l’inconnue FED, la Banque centrale américaine. Poursuivra-t-elle sa remontée des taux ? Marquera-t-elle une pause jusqu’à l’été ? A moins qu’elle ne les dégrade pour parer un ralentissement qui se profile au vu de la décélération des progressions des bénéfices à Wall Street…

Les valeurs européennes à privilégier

L’aversion au risque pousse ainsi la société de gestion anglo-saxonne Janus Henderson à la prudence envers les petites et moyennes capitalisations, moins liquides, et à privilégier les valeurs européennes moins chères que les américaines. Le retournement ne plaide pas en faveur des cycliques, en particulier les commodities : matières premières industrielles et agricoles, énergie et pétrole, produits semi-finis tel l’acier ou le ciment. Dans un autre registre, le luxe, très secoué depuis la rentrée, devrait renouer vers des cours plus raisonnables. Idem pour l’automobile. Dans ce secteur, mieux vaut se focaliser sur les équipementiers : ils affichent un meilleur profil de risques et des marges plus élevées que les constructeurs, sauf Valeo qui devra faire oublier une année 2018 difficile.

La Bourse pourrait tout de même réserver quelques surprises. En particulier, les valeurs santé où la consolidation agite le secteur, avec la fusion Celgene Bristol-Myers Squibb. A surveiller également les financières : les plus prudents regarderont les assureurs, les optimistes les bancaires avec l’espoir que la hausse des taux US et européens ranime leurs marges.

Sur le même thème

Conseils Bourse

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique