Bourse : en 2019, « le principal risque est macroéconomique » selon le patron de l’AMF

« Nous sommes en 2019 dans un contexte différent de celui de 2008 »  a déclaré le patron du gendarme français des marchés. Il ne croit pas au risque d’une crise financière.

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Le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Robert Ophèle, a estimé jeudi que le risque pour 2019 était surtout à chercher du côté de la macroéconomie mais pas au sein des marchés eux-mêmes. « Je ne crois pas au risque d’une crise financière intrinsèque.

Nous sommes en 2019 dans un contexte différent de celui de 2008″. Depuis, « nous avons singulièrement renforcé la solidité du système financier » et « le principal risque est macroéconomique », a déclaré le patron du gendarme français des marchés en présentant ses vœux à la presse.

« Si ce risque se concrétise, il y aura des conséquences » sur les marchés, mais « il n’y a pas dans notre périmètre des points d’alertes forts », a-t-il complété, dans une interview à l’AFP.

Il est aussi revenu sur l’année 2018, « décevante », où « les menaces de ralentissement économiques ont détourné les investisseurs des placements risqués ou à valorisation cycliques et les ont ramenés vers les valeurs refuges ». Cette « désaffection » s’est notamment répercutée sur l’indice CAC 40 qui en incluant les « dividendes réinvestis a baissé de 8,9% sur l’année », a-t-il rappelé.

Des conditions peu favorables au financement de l’économie

Pour la même raison, les entrées en Bourse ont été « plus nombreuses en 2018 qu’en 2017 – 35 contre 27 à Paris – » mais ont concerné des « entreprises de plus petite taille » avec des capitaux collectés moins élevés, « 1,1 milliard contre 2 », a-t-il détaillé.

« Tout cela n’est pas favorable au financement de notre économie et, plus que jamais, nous avons besoin de trouver les canaux d’un financement de long terme ne privilégiant pas systématiquement l’endettement », a jugé le responsable.

Interrogé sur les inquiétudes autour des prêts à effets de levier qui sucitent des craintes aux Etats-Unis, il a affirmé que le problème n’était « pas considérable en Europe et en France », même si l’AMF « regarde avec attention ».

Ces prêts, dont le montant est évalué par les experts à 1.300 milliards de dollars, se caractérisent par une proportion de dette par rapport au capital de l’entreprise très élevée, et donc un risque de non remboursement plus fort. Une partie de ces titres est en outre revendue, selon un mécanisme massivement utilisé pendant la bulle immobilière qui a conduit à la catastrophe financière de 2008.

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