Bourse : tout miser sur une seule action, ça peut marcher?

Avec des taux directeurs désespérément plats et des performances négatives pour toutes les classes d’actifs, la tentation est grande d’investir toutes ses économies sur un seul titre délivrant tous les ans de plantureux dividendes 

©Istock

Ceux qui tablaient sur une remontée de la rémunération des placements sans risques en seront pour leurs frais : il faudra patienter au moins jusqu’à la rentrée prochaine. Car la Fed, a prévenu : l’économie US n’a pas besoin d’être bridée dans l’immédiat. Tant pis pour les détenteurs d’un livret A : À moins de se résigner à un famélique 0,75 % brut, très en deçà de l’inflation, ils devront prendre davantage de risques s’ils veulent gonfler leur épargne.

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Dans ce cas, direction la Bourse et ses dividendes records ? Cette année, selon Allianz Global Investors, les entreprises cotées européennes devraient verser au moins 350 milliards d’euros à leurs actionnaires. D’où la tentation de mettre tous ses œufs dans le même panier, de tout miser sur une seule valeur, réputée pour la régularité et l’ampleur de sa générosité  envers leurs investisseurs : Total, Crédit Agricole SA, Veolia Environnement ou Orange. Sur la base d’un cours actuel de 47,815 euros, qui  brade 11,14 fois les futurs bénéfices, la compagnie pétrolière sert un rendement annuel de 5,4 % ! Soit 7,2 fois l’intérêt annuel dudit Livret A. Cerise sur le gâteau, l’action s’est appréciée de 7,76 % sur un an, dont 3,55 % depuis le 1er janvier. Ce qui donne un rentabilité annuelle brute de… 13,16 %, en cas de revente des titres ! Qui dit mieux ?

La Bourse loin d’être un jeu de casino

Sauf que la Bourse n’a rien à voir avec des jeux de casino où tout miser sur un seul numéro tient lieu de martingale. Les primo-actionnaires d’Eurotunnel peuvent en témoigner : nombre de ‘veuves de Carpentras’ ont vidé leur bas de laine pour se ruer exclusivement sur les titres de l’exploitant du futur tunnel sous la Manche et ses promesses de rendements juteux. L’action à effectivement grimpé ‘presque jusqu’au ciel’ dans les premiers mois de sa cotation au début des années 90. Avant de tomber comme une pierre jusqu’à une valeur moins que symbolique…  Comme les avoirs de ceux qui repoussaient les conseils de diversification de leur portefeuille.

La comparaison du rendement d’un titre avec le taux du livret A permet à l’investisseur de déterminer si le jeu en vaut vraiment la chandelle. S’il ne dépasse pas les 0,75 % par an de référence, mieux vaut s’abstenir. A moins qu’il ne s’agisse d’une valeur de croissance, c’est-à-dire avec une progression forte et régulière du cours, apportant en sus une bonne liquidité, à savoir un volume d’échanges de titres suffisants.

Se constituer une poche de rentabilité

Ainsi, plutôt que tout miser sur une seule valeur de rendement, l’investisseur pourra se constituer une poche ‘rentabilité’, tant pour amortir les retournements de tendances que pour se constituer un matelas de liquidités pour saisir de futures opportunités. Voire pour ses vieux jours ! Le Cac 40 en aligne quatre sans compter Total : Air Liquide, Crédit Agricole, Orange et Veolia Environnement.

Air Liquide est considérée comme une valeur refuge ou de fond de portefeuille : ceux qui en ont ne doivent pas s’en séparer, les autres peuvent profiter de tout repli pour s’en procurer. Le leader mondial des gaz médicaux et industriels intervient sur des marchés d’équipement et de renouvellement (synonymes de revenus récurrents). Le cours actuel de 105,4 euros paie certes 19,88 fois les bénéfices futurs, pour un rendement annuel de 2,7 %. Mais le titre ne se replie que de 2,90 % sur un an.

Avec un rendement de 6,88 %, Crédit Agricole devrait recueillir tous les suffrages. Mais sur un an, le recul est proche de 34 %, Comme toutes les bancaires, ses performances sont plombées par des taux  durablement bas. D’où, un PER de 7,33 pour un cours de 10,01 euros.

Orange et Veolia proposent des rendements respectifs de 5,08 et 5,02 %. La première se négocie 12,75 fois les bénéfices (avec un cours de 13,6 euros) quand celui de la seconde se hisse à 15,28 (Pour un cours 18,32 euros). Toutes deux affichent un recul sur un an : -6,46 % pour l’opérateur télécom et-9,73% pour le fournisseur de services aux collectivités locales.

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