Bourse : le titre Pernod Ricard vient de battre de nouveaux records, il conserve encore du potentiel

Chaque semaine, sur Mieuxvivre.fr, les journalistes de La lettre de la Bourse analysent une valeur de la cote parisienne et vous conseillent de l’acheter, de la vendre ou de rester à l’écart du titre. La Lettre de La Bourse est une publication du groupe Valmonde, éditeur du magazine Mieux Vivre Votre Argent.

Pernod Ricard n’a pas besoin du fonds d’investissement activiste, Elliot, pour faire progresser son cours de Bourse qui vient de battre de nouveaux records historiques (plus de 150 euros) après la publication des comptes du premier semestre de l’exercice 2018/2019.

Une situation morose en France

Le marché des spiritueux est naturellement porté par des tendances très favorables et les marques du groupe en profitent pleinement. Notamment le cognac Martell dont les volumes et les prix ont progressé respectivement de 15% et 8% sur le semestre. Le champagne Perrier Jouët n’est pas en reste non plus avec des volumes et des prix en hausse de respectivement 5% et 7%, tout comme le whisky Chivas (+2% et +5%). Seule la vodka Absolut continue de souffrir d’un marché très concurrentiel aux Etats-Unis et a vu ses volumes à nouveau reculer de 2%. Au final, la croissance organique du chiffre d’affaires du numéro deux mondial du secteur a atteint 7,8%, tirée notamment par l’Asie, surtout la Chine (+28%) et l’Inde (+24%), deux pays qui représentent chacun 10% des facturations du groupe et ont bénéficié sur ce semestre de bases de comparaisons favorables. En Europe en revanche, la situation reste morose dans des pays comme la France ou l’Espagne, marqués par un environnement de consommation difficile et une concurrence âpre.

La direction a raison d’être optimiste pour les prochains trimestres

Malgré le renchérissement de certaines matières premières comme l’agave, utilisé pour la fabrication de la tequila, la marge opérationnelle de Pernod Ricard a progressé de 148 points de base pour représenter désormais 31,9% des ventes. Une performance rendue possible par un effet prix favorable, ainsi qu’une bonne maîtrise des frais de publicité et des coûts. A cet égard, le groupe dirigé par Alexandre Ricard a pris de l’avance dans son programme d’efficacité opérationnelle puisque l’objectif de 200 millions d’euros d’économies sera atteint avec un an d’avance à la fin de cet exercice. La direction a donc toutes les raisons de rester optimiste pour les prochains trimestres. Elle vient d’ailleurs de relever sa prévision de croissance du résultat opérationnel courant dans une fourchette comprise entre +6% et +8% (au lieu de +5% à +7%) pour 2018/2019, sachant que le deuxième semestre sera freiné par une insuffisance de stocks de cognac (comme pour l’ensemble du secteur) et par une optimisation des stocks des distributeurs aux Etats-Unis.

50% des profits redistribués aux actionnaires

A plus long terme, le plan stratégique « Transform & Accelerate » vise une croissance organique annuelle de 4% à 7% du chiffre d’affaires, assortie d’une amélioration de 50 à 60 points de base de la marge opérationnelle, permise notamment par un nouveau plan de réduction de coûts portant sur 100 millions d’euros. Le potentiel d’amélioration des résultats n’est donc pas épuisé et les actionnaires devraient déjà en profiter à travers une politique de distribution plus généreuse. Pernod Ricard a prévu de redistribuer 50% de ses profits dès l’exercice 2019/2020 contre un ratio de 41% sur le dernier exercice. De quoi satisfaire, au moins en partie, le fonds Elliot, dont les revendications sont plus larges puisqu’il souhaiterait amplifier les restructurations et changer la gouvernance du groupe familial (la famille Ricard contrôle le groupe avec seulement 15% du capital).

Mais Pernod Ricard pourrait aussi utiliser sa marge de manœuvre financière retrouvée (l’endettement net ne représente plus que 2,6 fois l’excédent brut d’exploitation contre 5,5 fois à la fin de l’année 2009) pour renouer avec des acquisitions sur un secteur en phase de concentration. En Bourse, la valorisation élevée du dossier (plus de 23 fois les profits attendus cette année) parait en tout cas justifiée  par la solidité des perspectives du marché des spiritueux et par les fondamentaux solides du groupe.

Le conseil de la rédaction

Pernod Ricard mérite toujours de figurer en fonds de portefeuille.
Code Isin : FR0000120693

Bruno Kus - La Lettre de la Bourse

Partager
Publié par
Bruno Kus - La Lettre de la Bourse
Mots-clés : Conseils Bourse

Articles récents

« Minceur », « anti cholestérol », « détox » : alerte sur les fausses promesses santé des produits alimentaires

L’ONG Foodwatch a présenté une étude sur les produits possédant des soi-disant vertus pour la santé. Elle démonte les arguments…

22/03/2019 13:23

Cafouillage autour de l’âge de départ à la retraite : « un loup » pourrait-il « bientôt sortir du bois »?

Un colloque organisé ce jeudi au Sénat a notamment montré les craintes existantes autour d’un allongement de l’âge minimal de…

22/03/2019 11:51

Loyer : la non revalorisation peut vous coûter cher si vous êtes propriétaire ou vous faire gagner beaucoup si vous êtes locataire

La revalorisation annuelle des loyers est loin d’être automatique. La moitié des propriétaires qui louent en direct ne l’appliquerait pas…

22/03/2019 11:41

Autocars « Macron » : l’offre s’adapte et varie selon les saisons

Avec près de 262 villes desservies, les autocars interurbains « Macron » desservent plus la montagne en hiver et le…

22/03/2019 10:02

Impôts 2019 : le barème kilométrique 2018 pour les voitures est paru

Ce barème est utile aux salariés qui ont intérêt à opter pour les frais réels. Il permet d’évaluer le montant…

22/03/2019 09:32

Grèves à Ryanair : la compagnie n’est pas tenue de vous indemniser

Selon deux décisions de justice rendues jeudi 21 mars, la compagnie aérienne low cost n’est pas obligée de dédommager les…

22/03/2019 08:59