Première alerte de l’année sur les marchés

La correction de jeudi et vendredi, suivie du rebond de ce lundi le rappelle : l’élan haussier depuis janvier était trop brusque. Les réalités politiques ont rattrapé ‘les rêves’ de certains investisseurs. Cet avertissement pourrait permettre aux actions de repartir sur un meilleur pied.

Le printemps serait-il déjà fini ? Les deux séances de recul du CAC 40, les jeudi 7 et vendredi 8 février respectivement de – 1,84 et -0,48 %, suivie d’un joli rebond de 1,06 % a 5011 points le lundi 11 février, incitent à le croire. La persistance d’incertitudes et la confirmation d’un ralentissement mondial, gèlent l’enthousiasme de ceux qui ont cru que le changement d’année enterrerait les doutes de la fin 2018. Paris a ainsi profité d’un joli rally en janvier, pour clôturer le mois sur un gain de 4,88 %. Ce rebond n’efface qu’une partie des pertes du dernier trimestre. Un krach larvé : pour la première fois depuis 2008, aucune classe d’actifs n’affiche un bilan annuel positif ! Il a donc suffi d’une détente entre les Etats-Unis et la Chine pour que les investisseurs retrouvent le goût du risque. « Il faut toujours garder la tête froide quand une année boursière démarre sur les chapeaux de roue, souriait un vieux gérant à la mi-janvier. A cette époque, rien n’indique que la dynamique perdurera ». Trop vite, trop haut, trop loin : le CAC 40 devait de marquer une pause.

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Donald Trump a ainsi douché l’ambiance par l’un de ses fameux tweets par lequel il indiquait, jeudi dernier, qu’il n’avait pas de rendez-vous prévu avec le numéro un chinois avant le 2 mars prochain. L’ennui, c’est qu’un nouveau round de négociations entre les deux pays démarre cette semaine. Et que faute de ‘deal’, les droits de douane américains sur les importations chinoises seront relevés lourdement dès le 1er mars. D’où les turbulences subies par les valeurs ‘Chine’ à Wall Street et ailleurs. Deux secteurs en font ainsi les frais : la haute technologie, déjà fragilisée par des prévisions de résultats rabaissées, et l’automobile, constructeurs et équipementiers inclus. Outre un renchérissement de leurs composants importés, les valeurs européennes de ces secteurs, plus particulièrement l’auto déjà passablement perturbée par de nouvelles normes, redoute de devenir la cible de futures représailles douanières d’un Donald Trump ulcéré par l’engouement des riches américains pour les berlines allemandes. Sur la semaine Valeo cède 10,73 %, Faurecia se replie de 5,34 % , Plastic Omnium abandonne 10,68 %, Renault recule de 6,15 %, Peugeot lâche 3,83 % tandis que Soitec s’effrite de seulement 0,60 %.   

Le redoux de la croissance mondiale

A cela s’ajoute le redoux de la croissance mondiale : en Chine, l’atterrissage en douceur piloté par le gouvernement semble se dérouler sans secousses. Aux Etats-Unis, comme le résume la présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, « l’économie est désormais en train de se freiner d’elle-même, de retrouver un rythme plus durable ». L’effet des baisses d’impôts et taxes s’estompe. Et de conclure : « cela permet au moins de prévenir une récession ». D’où des révisions drastiques des prévisions de croissance des bénéfices : + 5,4 % cette année pour les valeurs composant le S&P 500, après + 24 % l’an dernier. Davantage, pour la première fois depuis 2016, celles du premier trimestre 2019 s’effritent de + 5,3 % début janvier à + 0,1 % cette semaine. Anticipant une moindre demande, les valeurs commodités et énergie se replient dans la foulée : si Total n’abandonne que 0,37 % sur une semaine, Engie se replie de 1,38 % et Imerys de 3 %,

Des éclaircies

Quant à la Fed, personne ne peut la blâmer d’avoir décrété une pause dans le relèvement de ses taux et l’assainissement de son bilan pour ne pas assécher les marchés. Hormis les banques et les assurances, contraintes ce trimestre et les prochains de composer avec un environnement peu porteur pour leurs activités de marché. Ce marasme se retrouve tant dans l’indice européen des financières que dans les évolutions de cours des unes et des autres.

Quelques éclaircies percent de manière fugitives : les gains de pouvoir d’achat portent les secteurs de l’agroalimentaire ou de la distribution. Des valeurs comme LVMH, Kering, Hermès ou Pernod-Ricard montrent, via leurs résultats, une certaine résilience. Quant à celles qui ont -un peu – dévissé la semaine dernière, leurs valorisation rejoignent des niveaux plus soutenables.

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