Les bénéfices du CAC 40 se replient en 2018 après des années de hausse

Les entreprises du CAC 40 ont enregistré plus de 88 milliards d’euros de bénéfice net cumulé l’an dernier, un chiffre en baisse par rapport à 2017, selon un décompte réalisé mercredi par l’AFP.

Les banques et les assurances sont parmi les plus gros contributeurs aux bénéfices du CAC 40. Crédit: iStock.

Avec la publication ce mercredi des résultats du groupe de luxe Hermès, le bénéfice cumulé de l’ensemble des sociétés cotées au CAC 40 atteint précisément 88,37 milliards d’euros. Cela représente une baisse de 8,46% par rapport à celui dégagé l’an dernier, qui s’était élevé à 96,54 milliards d’euros. 

« Ce n’est pas vraiment une surprise, les entreprises du CAC 40 sont très tournées à l’international, notamment sur des marchés qui l’année dernière ont connu des difficultés comme le marché asiatique », notamment la Chine, a résumé auprès de l’AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Mais « ça n’est pas inquiétant, il faut mettre cela en perspective: cette baisse fait suite à d’excellentes années en termes de bénéfices », a-t-il complété. En revanche, leur chiffre d’affaires cumulé a progressé de 4,14% à 1.345 milliards d’euros (1.292 milliards en 2017).

Le groupe Total arrive en tête du classement des plus gros profits, avec 9,7 milliards d’euros, devant BNP Paribas (7,5 milliards), LVMH (6,4 milliards), Crédit Agricole et ArcelorMittal (4,4 milliards tous les deux).

Banques et assurances en tête des contributeurs

Par secteur, et comme l’année passée, le marché des banques et des assurances est resté l’un des plus gros contributeurs aux bénéfices de l’indice vedette de la Bourse de Paris, malgré la chute de plus de 65% de l’assureur Axa (à 2,1 milliards d’euros) et la légère baisse de BNP Paribas (-3%). 

En ajoutant Crédit Agricole et Société Générale, les bénéfices cumulés du secteur financier sont ramenés à 17,9 milliards d’euros, contre 20,4 milliards en 2018. Selon Christopher Dembik, le secteur a notamment souffert des difficultés de régulation mais aussi des taux d’intérêt bas.

Dans le domaine de l’énergie, Air Liquide, Engie, Schneider Electric, Total, Veolia et TechnipFMC ont pour leur part totalisé près de 14 milliards d’euros de bénéfices. Un chiffre quasi stable par rapport à l’année passée, malgré la lourde perte enregistrée par TechnipFMC (environ 1,6 milliard d’euros).

L’année 2018 a profité au secteur du luxe dont les groupes présentent une tendance unanime à la hausse, grâce notamment aux performances de LVMH (6,4 milliards) et Kering qui a vu son bénéfice net s’envoler de 108,01% (à 3,7 milliards). Celui de Hermès a aussi crû, de 15% à 1,4 milliard d’euros.

Au total, le secteur du luxe a vu ses bénéfices passer de 11,7 milliards à 15,4 milliards d’euros. Le secteur du BTP a lui aussi vu ses bénéfices progresser par rapport à l’année passée (de 3,8 milliards à 4,3 milliards).

Relais de croissance asiatiques

A l’inverse, l’automobile n’a pas réussi à faire mieux que l’année passée, le secteur ayant été ralenti par la chute du bénéfice de Renault (-35,4%) et de Valeo (-38,4%). Avec PSA et Michelin, le secteur a engrangé 8,3 milliards d’euros de bénéfices contre 9,6 milliards d’euros en 2017. 

La filière automobile a été pénalisée en raison du « ralentissement automobile aux Etats-Unis et à la contraction en Chine », a justifié M. Dembik. Même tendance dans l’aéronautique, où les bénéfices ont été divisés par près de deux (4,4 milliards d’euros contre 7,7 milliards) ou encore dans l’agroalimentaire. Dans cette filière, les bénéfices de Danone et Pernod Ricard sont passés de 4,1 milliards d’euros à 3,8 milliards.

Carrefour et TechnipFMC sont les deux seuls groupes à avoir présenté des pertes en 2018, tandis que plusieurs poids lourds de la cote parisienne ont vu leurs bénéfices fondre, à l’image de Vivendi (-89,7%), Safran (-73,2%) ou encore Sanofi (-48,9%).

Pour l’année 2019, si le premier semestre s’annonce « compliqué », selon M. Dembik, « la conjoncture devrait s’améliorer à partir du second semestre et permettre aux valeurs françaises qui sont très tournées vers l’extérieur d’avoir des relais de croissance qui s’accentuent de nouveau », notamment l’Asie et les pays émergents. 

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