La Bourse de Paris poursuit son déclin ce lundi

La Bourse de Paris recule ce lundi matin dans le sillage de Wall Street et des marchés asiatiques, éprouvée par les signes de ralentissement économique et des dossiers politiques encore en suspens.

Vendredi, la cote parisienne a clôturé en nette baisse (-2,03%) à 5.269,92 points. Crédit Istock

A 09H58 (08H58 GMT), l’indice CAC 40 se repliait de 34,97 points à 5.234,42 points (-0,66%). Vendredi, la cote parisienne a clôturé en nette baisse (-2,03%) à 5.269,92 points.

La Bourse de New York a également accusé une forte chute vendredi. Lundi, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo et les Bourses chinoises ont terminé en forte baisse. « Les marchés européens passent leurs ordres après le mouvement de ventes à Wall Street vendredi », souligne Neil Wilson, analyste chez Markets.com.

Des statistiques européennes décevantes, notamment en Allemagne, ont entraîné les marchés boursiers à la baisse vendredi. Leur correction a eu des répercussions sur le marché obligataire, où la courbe des taux obligataires américains s’est inversée, signe d’une prudence accrue des investisseurs, à défaut d’une récession imminente. 

Jusqu’à ce revirement de vendredi, la progression discontinue des indices boursiers depuis le début de l’année ne semblait pas remise en cause ni par les rebondissements du Brexit, ni par les tensions commerciales entre Washington et Pékin.

« La divergence des dernières semaines entre les marchés obligataires et actions n’était pas tenable » et « les très mauvais PMI préliminaires de Markit en zone euro en mars ont jeté un froid sur les bourses mondiales », observe pour sa part Tangi Le Liboux, stratégiste pour le courtier Aurel BGC.

Une potentielle récession américaine

Les interrogations quant à une potentielle récession américaine ont été ravivées par la publication d’une enquête trimestrielle réalisée par la National Association for Business Economics (NABE) dans laquelle les économistes américains ont drastiquement abaissé leurs prévisions de croissance 2019 pour les Etats-Unis.

Les trois quarts des économistes interrogés tablent désormais en moyenne sur une progression du Produit intérieur brut (PIB) de 2,4% cette année, après 2,9% en 2018. Ils estiment qu’elle va encore se tasser à 2% en 2020.

Dans ce contexte de craintes liées à la santé de l’économie, les investisseurs s’intéresseront particulièrement au baromètre allemand Ifo du moral des entrepreneurs pour le mois de mars, après la forte baisse de l’indice PMI pour le secteur manufacturier outre-Rhin vendredi.

Ils surveilleront aussi l’indice de l’activité de la région de Chicago (février) et un discours de Christine Lagarde (FMI) sur l’économie mondiale et la fiscalité.

Le Brexit présent dans les esprits

« A très court terme toutefois, c’est toujours le Brexit qui devrait occuper les esprits cette semaine en Europe. De même que les négociations entre les Etats-Unis et la Chine, car une délégation américaine doit se rendre à Pékin en cette dernière semaine du mois et du trimestre », estime M. Le Liboux.

Theresa May, qui réunit lundi matin son gouvernement, a laissé entendre vendredi que le troisième vote sur le traité de retrait de l’UE, fruit de difficiles négociations avec Bruxelles et déjà rejeté deux fois par la Chambre des Communes, pourrait finalement ne pas avoir lieu cette semaine.

Mais les députés devaient se prononcer lundi sur un amendement parlementaire destiné à organiser une série de votes indicatifs sur la manière dont ils envisagent ce divorce.

Selon plusieurs commentateurs politiques, la dirigeante britannique lutterait pour sa survie alors que plusieurs de ses ministres réclameraient son départ.

« Nous ne sommes pas vraiment plus avancés sur le Brexit : beaucoup de bruit mais rien de définitivement concret », estime Neil Wilson, analyste chez Markets.com

Par ailleurs, Bruxelles s’attend à un nouveau bras de fer avec l’Italie concernant son budget, jugeant les estimations de croissance de Rome « trop optimistes », quelques mois seulement après un compromis arraché avec la coalition populiste au pouvoir.

Carrefour victime d’une note dégradée

CNP Assurances se repliait de 0,91% à 19,68 euros après avoir  annoncé vendredi mener des discussions avec son partenaire brésilien Caixa Seguridade qui souhaite certains ajustements concernant l’accord de distribution exclusif conclu entre les deux sociétés à la fin de l’été 2018.

Carrefour (-2,69% à 16,45 euros) pâtissait d’une dégradation de sa note par l’agence de notation Standard and Poor’s.

Valeo (-0,65% à 26,02 euros) était logé à la même enseigne après un abaissement de sa note par l’agence de notation Moody’s.

Spie reculait (-3,31% à 15,21 euros) en raison d’un abaissement de recommandation à « neutre » contre « surpondérer » par JPMorgan.

Hermès s’effritait de 1% à 487,30 euros après que Credit Suisse a abaissé sa recommandation à « neutre » contre « surperformance ».

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