La ministre des Transports sortirait-elle des fake news sur Vinci ?

Alors que la privatisation d’ADP approche à grands pas, Vinci et le gouvernement s’adonnent à un combat à fleuret moucheté.

Selon notre spécialiste, ADP aura plus à perdre en restant indépendant que Vinci. Crédit: iStock.

Chaque semaine, sur Mieuxvivre.fr, les journalistes de La lettre de la Bourse analysent une valeur de la cote parisienne et vous conseillent de l’acheter, de la vendre ou de rester à l’écart du titre. La Lettre de La Bourse est une publication du groupe Valmonde, éditeur du magazine Mieux Vivre Votre Argent.

A quelques semaines du coup d’envoi de la privatisation d’ADP, c’est un combat à fleuret moucheté que se livrent le gouvernement Philippe et Vinci, le deuxième actionnaire d’Aéroports de Paris avec 8% du capital, juste derrière l’Etat (50,6%). Pourquoi ? Tout simplement pour ternir aux yeux de l’opinion publique l’image du leader mondial du BTP et des concessions, candidat déclaré à la privatisation d’ADP à la condition de pouvoir prendre le contrôle de la plateforme aéroportuaire. Ce que le gouvernement Philippe souhaite absolument éviter dans un contexte social toujours insurrectionnel en France avec les gilets jaunes au risque d’être accusé de faire un nouveau « cadeau » à Vinci, 13 ans après la campagne de privatisation controversée sur les autoroutes à l’issue de laquelle le groupe a racheté ASF en septembre 2005.

Dernier subterfuge utilisé par le gouvernement Philippe : la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a précisé le 14 avril sur France 3 que Vinci réclamait à l’Etat plusieurs millions d’euros de compensation pour l’abandon du projet de l’aéroport de Notre Dame des Landes pour lequel il était concessionnaire.

Vinci dément officiellement

Une information visiblement inventée de toute pièce par la ministre si l’on en juge le démenti catégorique apporté par Vinci après la clôture de la Bourse le 15 avril. De deux choses l’une : soit Elisabeth Borne ne connaît pas ses dossiers, soit elle colporte des informations erronées puisque non seulement le contrat de concession sur l’aéroport de Notre Dame des Landes n’a toujours pas été résilié depuis l’abandon du projet voilà bientôt un an et demi, mais aucune négociation sur le sujet n’a été entamé entre Vinci et l’Etat sur un quelconque dédommagement.

Un faux procès donc fait à Vinci avant le lancement de la privatisation d’ADP dans le but de favoriser le candidat le plus politiquement correct : le fonds d’investissement Ardian, associé aux sept départements d’Ile-de-France prêt à prendre 29,9% du capital d’ADP. La solution offrirait l’avantage pour le gouvernement Philippe de maintenir ADP coté en Bourse avec un large éventail d’actionnaires institutionnels à son capital.

Mais elle ne permettra pas à l’Etat de vendre au meilleur prix Aéroports de Paris puisqu’il n’y aura pas de prime de changement de contrôle. Nous continuons toujours à penser qu’ADP aura plus à perdre en restant indépendant que Vinci. Le leader mondial du BTP et des concessions est fermement décidé à poursuivre le développement de son portefeuille aéroportuaire avec ou sans ADP comme en témoigne le rachat en fin d’année dernière de Gatwick, la deuxième plateforme londonienne après Heathrow.

Notre conseil : notre avis est plutôt positif sur Vinci avec un objectif de cours de 105 euros (code : FR0000125486) et sur ADP (code : FR0010340141) dont le titre fait partie du portefeuille actions de Mieux Vivre Votre Argent à un prix de revient de 174,65 euros. Notre objectif est de 200 euros.

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