Les places boursières foudroyées par le coup de pression de Trump

Après les bourses asiatiques, c’est au tour des européennes de subir de plein fouet les menaces de Donald Trump sur les taxes douanières appliquées aux importations chinoises.

Après une chute d'environ 24% l'an dernier sur fond d'affrontement commercial avec l'Oncle Sam, les Bourses de Chine continentale avaient repris près de 30% depuis le début de l'année. Crédit: iStock.

Les marchés boursiers asiatiques et européens dévissaient lundi, secoués par un regain d’inquiétudes sur les questions commerciales au lendemain de la menace de Donald Trump d’augmenter les taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises dès vendredi.

Le président américain a déterré la hache de la guerre commerciale dimanche en annonçant inopinément une hausse de 10% à 25% des droits de douane imposés sur ces produits chinois exportés chaque année aux Etats-Unis. Cette mesure doit entrer en vigueur vendredi. Les places asiatiques ont été les plus ébranlées, clôturant toutes en forte baisse, avant la réouverture mardi des marchés japonais.

En Europe, les places financières accusaient le coup aussi, évoluant en forte baisse en fin de matinée mais de façon plus contenue qu’en Asie. En Chine continentale, l’indice composite de la Bourse de Shanghai a perdu 5,58% à 2.906,46 points et celui de Shenzhen a plongé de 7,38% à 1.515,80 points. La Bourse de Hong Kong a plongé de 2,9% à la clôture après les nouvelles menaces de Donald Trump. L’indice composite Hang Seng a reculé de 871,3 points, à 29.209,82 points.

Les attentes des investisseurs étaient très fortes à l’approche de la fin des discussions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Les marchés anticipaient un accord d’ici à la fin du mois et devraient se focaliser sur les développements de cette thématique tout le reste de la semaine.

A 12h35, la Bourse de Francfort lâchait 1,97% , tandis que la Bourse de Paris chutait de 2,00% . A la Bourse de Zurich, l’indice SMI cédait 1,71% . A Londres, les marchés étaient fermés pour cause de jour férié.

« Donald Trump met la pression sur la Chine dans ce qui semblait être la dernière ligne droite dans les négociations. Il peut s’agir d’un coup de bluff de manière à obtenir des concessions mais c’est à double tranchant car cette stratégie devrait irriter Pékin », estime dans une note Tangi Le Liboux, stratégiste pour le courtier Aurel BGC.

Délégation chinoise prévue à Washington

Dans sa première réaction, l’administration chinoise n’a pas fermé la porte aux négociations. Contrairement à des informations de presse, Pékin a fait savoir que son équipe de négociateurs se préparait toujours à se rendre à Washington sans toutefois confirmer spécifiquement de date, ni si le vice-Premier ministre Liu He dirigerait bien la délégation chinoise.

Les prochaines négociations sont prévues en principe mercredi, après une dixième session de pourparlers qui s’est déroulée à Pékin la semaine dernière. Depuis une rencontre entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping début décembre, l’atmosphère était revenue à l’apaisement entre les deux géants économiques qui ne parlaient plus de s’imposer mutuellement des droits de douane punitifs. Les marchés sont installés à des niveaux élevés depuis le début de l’année après les affres de fin 2018.

En fin de semaine dernière, leur très bonne humeur, confortée par de bons résultats d’entreprises, avait été un peu entamée par des déclarations du patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’issue d’une réunion de deux jours de la banque centrale.

Après une chute d’environ 24% l’an dernier sur fond d’affrontement commercial avec l’Oncle Sam, les Bourses de Chine continentale avaient repris près de 30% depuis le début de l’année à mesure que Chinois et Américains soufflaient le chaud sur leurs négociations.

Mais Shanghai comme Shenzhen ont commencé à se replier mi-avril alors que semblait s’éloigner la perspective de mesures de relance économique de grande ampleur en Chine. Les deux places ont cédé environ 10% au cours des trois dernières semaines. Le pétrole dégringolait aussi sur des craintes de ralentissement généralisé de la demande mondiale.

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