Lagardère incité à accélérer son recentrage

Lagardère est une nouvelle fois critiqué sur la lenteur de sa stratégie et sa gouvernance par le fonds d’investissement activiste Amer Capital. La vente de la radio Europe 1 semble pour le moment écartée mais le processus avance bien pour le pôle Sports. Toute cession est susceptible de réduire la décote encore trop importante sur le titre.

Le groupe a plutôt bien commencé l’année 2019 avec une progression de 8,9% de son chiffre d’affaires. Crédit: iStock.

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Pour la troisième année consécutive, le fonds activiste, Amber Capital, avait choisi le décor du Carrousel du Louvre pour porter au public son différend avec Arnaud Lagardère, le patron du groupe éponyme spécialisé dans l’édition (Hachette, Larousse, Dunod, Lattès…) et le commerce sur les lieux de voyage (travel retail).

Si Amber Capital, dont la participation a été récemment portée à un peu plus de 5% du capital, reconnait le bien fondé des récentes cessions d’actifs, notamment dans la presse, il ne cache pas son impatience de voir le groupe complètement recentré sur ses deux piliers et en profite aussi pour critiquer la gouvernance de la société qui a depuis longtemps choisi le statut de commandite, lui permettant de rester à l’abri d’une OPA hostile.

Faute d’avoir pu enregistrer à temps ses titres, Amber Capital n’a pas pu mener à bien son projet de faire nommer deux administrateurs. Mais il entend bien maintenir la pression sur sa proie pour inciter la direction à accélérer le recentrage. A cet égard, Arnaud Lagardère a sans doute déçu bon nombre d’actionnaires en martelant ne pas vouloir vendre la radio déficitaire, Europe 1 et en décidant d’y consacrer « tout l’argent nécessaire » à son redressement.

En revanche, les choses semblent avancer plus rapidement pour les activités de marketing sportif logées dans le pôle Lagardère Sports. Trois acteurs seraient sur les rangs pour les reprendre. Parallèlement, les négociations continuent d’aller bon train sur le segment des chaînes de télévision avec les négociations exclusives menées avec le groupe M6 pour lui céder la chaîne Gulli, à un prix compris entre 200 et 230 millions d’euros. Reste les activités de production audiovisuelle et de fiction pour lesquelles il va falloir être un peu plus patient.

Ne plus être considéré comme un simple holding

L’objectif à terme d’Arnaud Lagardère consiste malgré tout à développer le groupe autour de l’édition et du travel retail. Mais le fonds Amber voudrait aller au-delà. Dans la mesure où ces deux activités ne présentent aucune synergie entre elles, Lagardère ne devrait en conserver qu’une seule, à savoir l’édition, qui bénéficie déjà d’une bonne taille critique, alors que les positions dans le travel retail restent modestes au niveau mondial. Ne conserver qu’une seule activité permettrait à Lagardère de ne plus être considéré comme un simple holding et de combler la décote entre la valeur boursière du groupe et celle de ses actifs.

En attendant que ces scénarii prennent forme, le groupe a plutôt bien commencé l’année 2019 avec une progression de 8,9% de son chiffre d’affaires à données comparables, largement influencée par le pôle Sports, qui a bénéficié d’un calendrier de compétitions favorable et du nouveau contrat avec la Fédération internationale de handball.

Le travel retail est resté sur une dynamique soutenue (+6,9%), tandis que l’édition a démarré plus lentement (+0,9%). La direction a donc pu confirmer l’objectif annuel visant une progression du résultat opérationnel du périmètre cible comprise entre 4% et 6%. Dans sa configuration actuelle, Lagardère semble en mesure de maintenir une politique de distribution attractive. Le dividende, fixé depuis plusieurs années à 1,30 euro par action, procure un rendement attractif de 5,5%, mais cela ne pourrait plus suffire aux actionnaires qui aimeraient bien voir aussi l’action décoller alors qu’elle stagne depuis 10 ans.

Notre conseil : le dossier présente un niveau de risque limité compte tenu du rendement élevé procuré par le dividende et la poursuite du recentrage qui milite en faveur d’une réduction progressive de la décote par rapport à l’actif net réévalué. Des achats sont possibles sous 24 euros pour viser 30 euros à moyen terme. Code Isin : FR0000130213.

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