Bourse : que faire de ses titres Casino?

L’activité du groupe Casino ne sera pas touchée par le placement sous procédure de sauvegarde de Rallye, sa maison-mère. Toutefois, le sort des actionnaires de Casino se trouve entre les mains des créanciers d’une holding surendettée.

L'achat ou la conservation d’actions Casino ne se justifie que dans un but très spéculatif. Crédit : SOLAL/SIPA

Casino va plutôt bien mais Rallye, sa maison-mère, croule sous les dettes. L’ennui, c’est que les actions du premier servent de garantie, d’otages diraient certains, aux créances émises par la seconde. Ployant sous un endettement de près de 2,9 milliards d’euros (pour une valorisation de 342 millions sur la base d’un cours de 6,71 euros à la clôture du 12 juin dernier), la holding de tête du distributeur stéphanois, dont elle contrôle 51,4 % du capital, n’a eu d’autre issue que de demander son placement sous procédure de sauvegarde pendant six mois (et jusqu’à dix-huit mois ni nécessaire), le 25 mai dernier. Ce dossier rappellera de mauvais souvenirs aux actionnaires de Camaïeu, Toupargel et Europacorp, entreprises elles aussi confrontées à un endettement galopant.

Casino tire son épingle du jeu

Cette crise de liquidité (ou de solvabilité, l’avenir le dira) de Rallye n’aura « aucune conséquence sur Casino » assure le directeur financier du premier, David Lubeck. Les actionnaires de Casino pourraient même être tentés de revenir sur ce titre, remonté d’un plus bas de 27,29 à 31,73 euros, mercredi soir. D’autant plus que le distributeur tire son épingle du jeu dans un environnement peu favorable à ‘la Grande Distrib’. Ainsi, l’an dernier, son chiffre d’affaires s’est apprécié de 4,7 % en croissance organique à 36,6 milliards, les activités françaises gagnant même 1,3 %. Des chiffres à comparer à ceux d’Auchan, son associé dans la centrale d’achats Horizon, avec un repli des ventes de 2,4 % à 50,3 milliards, une rentabilité d’exploitation en recul de 20,5 % alors que le résultat courant du stéphanois s’est apprécié de près de 10 %.

Activités brésiliennes en plein rebond

L’explication d’un tel écart ne se limite pas à la crise des gilets jaunes. En fait, Casino exploite moins d’hypermarchés que le groupe nordiste, ces formats excentrés de plus en plus boudés par les consommateurs. Le groupe détient même quelques cartes maîtresses : un partenariat avec Amazon, pour prendre le train du commerce électronique, et des activités brésiliennes en plein rebond avec le retour à meilleure fortune de ce pays. Quant aux manœuvres du fond activiste américain Muddy Waters, elles font l’objet d’une enquête de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers).

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Mais voilà : le sort des actionnaires de Casino dépend des créanciers obligataires de Rallye, qui détiennent 40 % de ses dettes, soit 1,3 milliards sur 2,9 milliards. Deux options s’offrent à eux : lancer une augmentation de capital ou convertir leurs obligations en actions. Dans les deux cas, les porteurs d’actions se retrouvent ‘dilués’. Davantage, le poids des créanciers augmentera si l’action Casino redévisse sous 28 euros. En effet, la direction de Rallye apporte ses titres Casino en nantissement aux banques afin de refinancer sa dette.

Notre conseil sur l’action Casino

L’achat ou la conservation d’actions Casino ne se justifie que dans un but très spéculatif. Le bon père de famille restera à l’écart de cette valeur et de de celles de la galaxie Naouri : Rallye, Foncière Euris et Finatis.

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