Bourse : vos actions peuvent-elles profiter de taux directeurs négatifs ?

Pour la première fois de son histoire, la France touche une prime lorsqu’elle émet des obligations souveraines à 10 ans. Si cette aubaine allège la charge de la dette publique (mais pas son montant), elle pénalise encore et toujours les financières. A contrario les secteurs de la construction et de la consommation pourraient en profiter.

La bascule récente des Obligations souveraines françaises, les OAT 10 ans, en territoire négatif arrange les finances publiques. Crédit : Istock

Le bonheur des uns fait le bonheur des autres. La bascule récente des Obligations souveraines françaises, les OAT 10 ans, en territoire négatif arrange les finances publiques. Le 18 juin dernier : la charge de la dette nationale, équivalente à près de 100 % du PIB tricolore, s’allège. Selon les calculs de la Cour des comptes, l’état devrait économiser deux milliards d’euros l’an prochain. Mieux : le Trésor public est rémunéré lorsqu’il émet des ‘obligs’ pour boucler les fins de mois d’un Etat qui touche des loyers sur la location de coffres-forts.

Cet état de grâce ne se limite pas aux seules finances publiques. Toutefois les consommateurs ne verront pas leurs crédits, auto, immobiliers et autres, diminuer, au point de rembourser moins que ce qu’ils ont emprunté. Mais, comme les entreprises, ils bénéficieront aussi de ces taux négatifs, pour investir ou financer de  achats à terme ou pour renégocier l’intérêt de leurs emprunts.

Ces secteurs vont profiter de la situation

La construction en général et la promotion immobilière en particulier pourraient donc profiter de la situation. Tout comme l’automobile. Dans ce dernier secteur, mieux vaut privilégier les titres des équipementiers comme Faurecia, Plastic Opium, Arkema ou Michelin, à ceux des constructeurs. D’abord parce que leurs marges sont plus élevées. Ensuite, en raison de leur plus grande diversité géographique : tous s’activent dans toutes les régions du monde au contraire de leurs donneurs d’ordres français encore très concentrés sur leur marché européen.

Cet environnement de crédit plus que favorable profite aussi aux valeurs de la distribution et de la consommation. Un bonheur ne survenant jamais seul, les secteurs de l’agroalimentaire, du textile, du bricolage-décoration, voire des loisirs et du tourisme, bénéficieront de l’injection des quelques dix milliards d’euros de pouvoir d’achat par le gouvernement à la fin de l’an dernier. Carrefour plutôt que Casino (trop spéculatif en raison de sa dette et du placement sous procédure de sauvegarde de sa maison-mère Rallye), Danone ou Pernod-Ricard semblent bien placés pour profiter de ces aubaines. Quid du luxe ? Les valorisations actuelles des valeurs concernées n’incitent ni à l’achat ni à se renforcer. Pas question cependant se ruer sur n’importe quelle valeurs de ces secteurs : mieux vaut privilégier les sociétés peu ou raisonnablement endettées, afin de se prémunir contre un éventuel retournement des taux à la hausse.

Le cas des banques

Reste encore et toujours, un secteur qui fait les frais de cette conjoncture : celui des financières. Là encore les marges des activités de marchés des banques vont se tasser dans les prochains mois. Circonstance aggravante : les activités de ‘Retail’ ou distribution de crédit aux particuliers subissent un environnement extrêmement concurrentiel, synonyme la-aussi de bénéfices de l’épaisseur du trait. BNP Paribas, Société Générale et consorts sont cependant bien armées pour évoluer dans cette situation. Quant aux assureurs, cette bascule des taux en territoire négatif plombé davantage les rendements de leurs fonds euros. Et les incite eux et leurs clients à se tourner vers des actifs plus risqués.

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