La Bourse de Paris digère la décision après une Fed

La décision d’une baisse des taux directeurs de la Fed, la première depuis 2008 n’entame pas le moral de la Bourse de Paris.

Le Comité monétaire de la Fed a néanmoins laissé la porte ouverte à un nouveau geste. Crédut: iStock.

La Bourse de Paris a, contre toute attente, ouvert en hausse, alors que  Wall Street la veille a enregistré une forte baisse dans un marché réagissant à la décision de la Fed, qui a baissé ses taux comme prévu, et ne s’est pas montrée plus accommodante pour l’avenir.

« La décision d’hier de la Fed a plus ou moins abouti comme prévu: la Banque centrale américaine ayant abaissé ses taux de 25 points de base à 2,25%, soit sa première réduction de taux depuis 2008, tout en mettant fin au programme de réduction de son bilan de façon anticipée », a résumé dans une note Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

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La Banque centrale américaine, sous la pression constante de Donald Trump pour stimuler l’économie, a en effet réduit ses taux d’intérêt pour la première fois en 11 ans mercredi mais a eu du mal à justifier ce retour à une politique accommodante alors que l’économie américaine se porte bien.

Pas « un long cycle » de baisses

Le Comité monétaire a néanmoins laissé la porte ouverte à un nouveau geste, en affirmant qu’il agirait de « manière appropriée pour soutenir la croissance ». Mais sur ce point, M. Powell a semé un peu la confusion en affirmant à la fois que la Fed n’abordait pas « un long cycle » de baisses et en soulignant ensuite que d’autres réductions n’étaient pas exclues.

« Tous ceux qui s’attendaient à ce que la Fed fasse davantage ont fini par être déçus, ce qui, compte tenu de la vigueur de certaines données économiques américaines récentes, n’aurait dû surprendre personne », a souligné M. Hewson. « C’était du moins le minimum que la Fed pouvait faire sans déclencher une réaction encore plus négative du marché », ce qui n’a pas toutefois pas empêché les indices américains de corriger nettement mercredi, a-t-il ajouté.

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« Fait plus important encore: la décision (du comité de politique monétaire de la Fed) n’a pas été unanime », deux membres s’étant opposés à une baisse de taux, et « face à ce type de désaccord, il aurait été difficile pour le président de la Fed Jerome Powell d’affirmer que c’était le début d’un cycle de baisse des taux », ce qui rend par là même improbable une autre réduction de taux en septembre, selon M. Hewson.

En matière d’indicateurs, l’activité manufacturière en Chine s’est de nouveau contractée en juillet mais à un rythme moins soutenu, selon un indice indépendant publié jeudi.

Le marché automobile français a baissé de 1,8% sur un an en juillet, malgré un jour ouvré de plus que l’an dernier, et s’inscrit aussi en recul de 1,8% sur les sept premiers mois de l’année. La séance sera aussi marquée par l’indice PMI manufacturier en zone euro (IHS Markit) et aux Etats-Unis (ISM) pour le mois de juillet. Outre-Atlantique toujours, les dépenses de construction pour juin sont également à l’agenda.

Les valeurs à suivre à Paris

Société Générale: le groupe bancaire a fait état jeudi d’une nette baisse de ses bénéfices au deuxième trimestre, sous l’effet conjugué d’un environnement de taux bas pénalisant, d’une hausse de ses provisions et de turbulences dans ses activités de marché.

Axa: le groupe d’assurances a enregistré un bénéfice net au premier semestre en baisse de 17% à 2,33 milliards d’euros, lesté par des éléments exceptionnels comptables qui ont amoindri les performances commerciales du groupe. 

ArcelorMittal: le géant mondial de l’acier a enregistré une perte nette de 447 millions de dollars au deuxième trimestre, pénalisé par des dépréciations d’actifs et par une rentabilité en baisse dans les activités acier dans un contexte de marché « très difficile ».

Arkema: le groupe français de chimie de spécialités a enregistré au deuxième trimestre un bénéfice net de 176 millions d’euros, en baisse de 19,6% sur un an, pénalisé notamment par des charges de restructuration, tandis que ses ventes s’établissaient quasiment à l’équilibre.  

EDF: une amende de 1,8 million d’euros a été récemment infligée au groupe EDF, accusé de n’avoir pas respecté les règles relatives aux délais de paiement de ses fournisseurs, a annoncé jeudi Bercy à l’AFP.

Veolia: le groupe a réalisé au premier semestre un bénéfice net en hausse de 46,5% à 331 millions d’euros, et a « pleinement » confirmé ses objectifs pour 2019. Il a également annoncé avoir cédé pour 1,25 milliard de dollars ses réseaux de chaleur et de froid aux Etats-Unis.

Accor: le sixième groupe hôtelier mondial a dégagé un bénéfice net de 141 millions d’euros au premier semestre, contre 2,18 milliards d’euros un an plus tôt, ce qui était dû à la plus-value exceptionnelle liée à la cession de son pôle immobilier AccorInvest.

Euronext: l’opérateur boursier européen a vu son bénéfice net reculer de 4,4% au deuxième trimestre 2019, en raison notamment de charges exceptionnelles liées à l’acquisition de la Bourse d’Oslo, mais son chiffre d’affaires a progressé au-delà des attentes, selon des résultats publiés mercredi.

Peugeot SA et Renault: Parmi les constructeurs français, PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel) a fait nettement mieux que la moyenne en juillet, avec des immatriculations de voitures neuves en hausse de 4,1%, tandis que Renault (avec Dacia, Alpine) a chuté de 9,8%.

Korian: le numéro un européen des maisons de retraite a réitéré mercredi ses objectifs pour 2019 après avoir publié de bons résultats pour la première moitié de l’année.

Neoen: le producteur d’énergies renouvelables a décidé de céder son activité biomasse, abaissant en conséquence ses prévisions pour 2019, a-t-il annoncé mercredi, après avoir vu son chiffre d’affaires bondir au 2e trimestre grâce à l’envolée de l’énergie solaire.

Ubisoft: l’éditeur de jeux vidéo a annoncé mercredi avoir réalisé l’acquisition de 70% du capital de Green Panda Games, éditeur de jeux vidéo sur mobile en mode « free-to-play » (gratuits avec la possibilité d’acheter des éléments dans le jeu).

JC Decaux: le géant français de l’affichage publicitaire a obtenu le renouvellement pour 20 ans de son contrat de mobilier urbain avec la ville de San Francisco, dans laquelle il est présent depuis 1996.

Valneva: le développeur et producteur de vaccins franco-autrichien a creusé sa perte au premier semestre, le groupe ayant été affecté par une charge liée à la fin de son alliance stratégique avec GlaxoSmithKline (GSK) dans la recherche et le développement.

Recylex: le spécialiste du recyclage des métaux a indiqué mercredi avoir obtenu un nouveau délai auprès de ses créanciers, dans le cadre de négociations sur les conditions de financement de son périmètre allemand, en sus de l’obtention d’un financement additionnel.

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