Les bénéfices du CAC 40 sont en recul mais les grandes valeurs françaises résistent au ralentissement économique

Même si les grandes valeurs françaises font preuve de résilience, les bénéfices du CAC 40 ont fortement reculé au premier semestre.

"Deux secteurs sont contre-performants, à savoir l'automobile et les banques", souligne Christopher Dembik. Crédit: iStock.

Les bénéfices nets cumulés des entreprises du CAC 40 ont reculé de 6% au premier semestre 2019 comparé à un an plus tôt, selon un décompte provisoire réalisé par l’AFP, mais les grandes valeurs françaises font preuve de « résilience » face au ralentissement global de l’économie, d’après des analystes. 

Les 37 sociétés de l’indice qui ont déjà diffusé leurs résultats semestriels ont dégagé au total quelque 44,4 milliards d’euros de bénéfices nets, contre 47,3 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2018. Leur chiffre d’affaires cumulé a lui progressé de 5% à près de 670 milliards d’euros.

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« Les entreprises du CAC 40 ont globalement bien résisté dans un contexte économique marqué par des tensions commerciales et géopolitiques et un certain ralentissement de l’activité », estime Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance.

En évacuant les « éléments exceptionnels », comme les plus-values de cession qui ont gonflé certains résultats en 2018, « on est sur une hausse des bénéfices » qui témoigne d’une « résilience assez forte des grandes valeurs françaises », assure-t-il. Pour autant, les entreprises du CAC 40 « ne sont pas totalement immunes au ralentissement économique ».

Total, BNP et LVMH dominent

Le géant pétrolier Total domine le classement des profits avec 5,1 milliards d’euros de bénéfice net. Affecté par la baisse des prix du pétrole, il accuse néanmoins un recul de 5,45%.

En deuxième et troisième positions figurent encore la banque BNP Paribas (4,4 milliards d’euros de bénéfice) et le groupe de luxe LVMH (3,3 milliards).

Le luxe a continué de soutenir les bénéfices du CAC 40. « Le secteur du luxe n’a pas encore donné de signes de ralentissement mais on peut avoir des inquiétudes sur le marché chinois du fait du ralentissement très probable à Hong Kong », prévient toutefois M. Larrouturou.

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Parmi les plus fortes progressions de l’indice, Vivendi et Airbus ont vu leur bénéfice grimper respectivement de 215% et 141%.

En revanche, « il y a deux secteurs essentiellement qui sont contre-performants, à savoir l’automobile et les banques », souligne Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Le secteur automobile en crise

Rattrapé par la crise du secteur, Renault a vu son bénéfice net divisé par deux sur un an, à 970 millions d’euros. Le groupe a été fortement affecté par l’effondrement de son allié japonais Nissan (-95% d’avril à juin), qui lui a coûté quelque 21 millions d’euros. 

Michelin a également faibli à 844 millions d’euros (-7,96%). Dans le secteur, seul Peugeot tire son épingle du jeu (+23,7%).

Du côté des banques, les résultats sont contrastés. « Rien de très surprenant » pour M. Dembik: les « valeurs sont un peu en désamour au niveau des investisseurs avec la perspective des taux qui vont être encore plus bas et les évolutions récentes sur le marché obligataire ». 

Crédit Agricole SA et Société Générale ont chacune enregistré une perte de bénéfice de l’ordre de 13%. BNP Paribas fait figure d’exception dans le secteur avec une progression de plus de 10%. 

Le secteur de l’énergie a représenté quelque 9,7 milliards d’euros de bénéfices, en cumulant les résultats d’Air Liquide, Engie, Schneider Electric, Total, Veolia et malgré le fort recul de TechnipFMC (-40,12%). 

Carrefour figure en queue de peloton du CAC 40, avec une perte nette publiée de 458 millions d’euros au premier semestre. Le groupe de grande distribution, engagé depuis dix-neuf mois dans un vaste plan de transformation, a toutefois réduit sa perte de près de moitié. Le sidérurgiste ArcelorMittal est le seul groupe également dans le rouge (29 millions d’euros de perte).

Pour le second semestre, M. Larrouturou prévoit « une nouvelle dégradation dans les secteurs cycliques » mais aussi « des difficultés pour les banques et même les assurances ».

Il n’y a toutefois « pas de phénomène de panique » à prévoir au sein du CAC 40 par rapport à la « situation macro-économique et les craintes de récession technique qui sont mises en avant », en Allemagne notamment, assure M. Dembik.

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