Les résultats de Tiffany, bientôt sous la coupe de LVMH, déçoivent

Le joaillier américain Tiffany a souffert au troisième trimestre, notamment en raison des troubles à Hong Kong. 

Le bénéfice net de Tiffany a reculé sur la période de 17% pour atteindre 78,4 millions de dollars. Crédit: iStock.

Le joaillier américain Tiffany, en passe d’être racheté par le géant français du luxe LVMH, a fait part jeudi de résultats nettement moins bons que prévu au troisième trimestre en raison notamment des troubles à Hong Kong. 

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Son bénéfice net a reculé sur la période de 17% pour atteindre 78,4 millions de dollars, selon un communiqué. Rapporté par action, la référence à Wall Street, il s’affiche à 65 cents, bien en deçà des 85 cents attendus par les analystes. 

Hong Kong

En excluant le marché de Hong Kong, le chiffre d’affaires a augmenté de 4%, a toutefois souligné l’entreprise.

A la Bourse de New York, le titre du joaillier à la tête de 323 magasins reculait de 0,13% peu après l’ouverture.

Tiffany, qui vient de se faire racheter par le groupe de Bernard Arnault pour 16,2 milliards de dollars, a prévenu qu’il ne tiendrait pas en conséquence de conférence téléphonique avec les dirigeants, comme c’est habituellement le cas lors de la diffusion des résultats. 

« Nous sommes très heureux de la transaction récemment annoncée avec LVMH et, en attendant les approbations requises, nous réjouissons de bientôt faire partie de la famille des marques de luxe exceptionnelles de LVMH », a affirmé dans le communiqué le directeur général, Alessandro Bogliolo.

« Notre activité sous-jacente reste saine, les ventes attribuées aux clients locaux augmentant au troisième trimestre au niveau mondial », a-t-il commenté. 

L’Asie sauve les meubles

« La solide croissance à deux chiffres enregistrée en Chine continentale » a notamment permis de « compenser en partie la faiblesse des ventes sur le continent américain », a ajouté le responsable.

Les ventes ont de fait reculé de 4% sur le continent américain, à 423 millions de dollars, un repli imputé par le groupe aux dépenses moins élevées des touristes étrangers et, dans une moindre mesure, des clients locaux.

Dans la zone Asie-Pacifique, le chiffre d’affaires s’est stabilisé à 294 millions de dollars entre la forte progression des ventes en Chine continentale et leur important recul à Hong Kong.

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Au Japon, les ventes ont augmenté de 19%, à 169 millions de dollars, tandis qu’elles ont baissé de 3% en Europe, à 111 millions de dollars. 

« La faiblesse (de ces chiffres trimestriels) ne remet pas en cause les divers changements apportés par le groupe au cours des dernières années, ni ne dévalue la marque », a estimé Neil Saunders, analyste pour le cabinet GlobalData Retail. Ces résultats « sans éclat » montrent cependant, selon lui, que « LVMH hérite d’un groupe dans lequel il va falloir investir beaucoup d’efforts pour assurer la croissance future ».

« Si on met l’Asie de côté, il est clair que les principales difficultés de Tiffany viennent des marchés américain et européen où l’entreprise peine à générer de la croissance », a notamment remarqué le spécialiste. Le relatif désintérêt des consommateurs de la classe moyenne pour les bijoux haut de gamme du joaillier new-yorkais est, selon M. Saunders, particulièrement « inquiétant ».

LVMH « ne peut qu’espérer » que le coup de mou des dépenses des touristes et de certaines catégories de clients sur ses marchés clé « soit contrebalancé par des ventes plus élevées à l’étranger grâce à une stratégie de distribution plus efficace », a avancé M. Saunders.

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