PSA et Fiat Chrysler actent leur union pour créer un géant de l’automobile du futur

La société mère de la nouvelle entité qui regroupera Peugeot, Fiat et Chrysler sera basée aux Pays-Bas et restera cotée à Paris, Milan et New York. 

La fusion permettra des "économies liées aux technologies, aux produits et plateformes" qui "devraient représenter environ 40%" des 3,7 milliards d'euros de synergies. Crédit: iStock.

Les constructeurs automobiles français PSA et italo-américain Fiat Chrysler ont acté leur mariage en annonçant la signature d’un « accord engageant » pour créer un nouveau géant mondial dans un secteur en pleine mutation. Selon un communiqué commun, les deux partenaires ont signé « un accord de rapprochement engageant » en vue d’une fusion entre égaux de leurs activités « pour former le quatrième constructeur automobile mondial ».

Le trio de tête sur le marché automobile mondial, en nombre de véhicules vendus, comprend aujourd’hui le groupe allemand Volkswagen, l’alliance franco-japonaise Renault-Nissan-Mitsubishi et le japonais Toyota.

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La nouvelle entité, de plus de 400.000 salariés, affichera un chiffre d’affaires consolidé de près de 170 milliards d’euros et des ventes annuelles de 8,7 millions de véhicules, sous les marques Fiat, Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot et Vauxhall.

Ce rapprochement apportera « des capacités d’investissement renforcées (…) afin de relever les défis d’une nouvelle ère de mobilité durable » et elle « générera des synergies en année pleine estimées à environ 3,7 milliards d’euros, sans fermeture d’usine liée à cette transaction », assurent les deux partenaires. « La réalisation de la fusion devrait intervenir sous 12 à 15 mois. »

« Notre fusion est une formidable opportunité de prendre une position plus forte dans l’industrie automobile, alors que nous cherchons à maîtriser la transition vers une mobilité propre, sûre et durable et à offrir à nos clients des produits, technologies et services au meilleur niveau », a déclaré Carlos Tavares, le président du directoire du groupe PSA, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes.

« C’est l’union de deux entreprises avec des marques emblématiques et des salariés très engagés. Les deux entreprises ont traversé des temps difficiles et sont devenues de grands groupes agiles et intelligents », a commenté pour sa part Mike Manley, PDG de Fiat Chrysler Automobil (CFA).

Des « économies liées aux technologies, aux produits et plateformes »

La société mère de la nouvelle entité sera basée aux Pays-Bas mais restera cotée à Paris, Milan et New York. John Elkann, actuel président de FCA et héritier de la famille Agnelli, présidera le nouveau conseil d’administration, tandis que Carlos Tavares deviendra directeur général du groupe fusionné, selon les deux partenaires. 

La fusion permettra des « économies liées aux technologies, aux produits et plateformes » qui « devraient représenter environ 40% » des 3,7 milliards d’euros de synergies, détaillent les deux groupes dans leur communiqué. La nouvelle entité espère aussi réaliser des économies sur les achats (effet d’échelle et alignement sur le meilleur prix, également 40% des synergies). « Les 20% restant proviendront d’autres domaines – marketing, informatique, frais généraux et logistique », selon la même source. 

Ces économies doivent permettre parallèlement « d’investir massivement dans les technologies et les services qui vont façonner la mobilité du futur, tout en répondant au défi des réglementations sur les émissions de CO2 », ont souligné les deux groupes. 

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Par ailleurs, toujours avant la fusion, FCA distribuera à ses actionnaires un dividende exceptionnel de 5,5 milliards d’euros, tandis que PSA distribuera aux siens ses 46% dans l’équipementier Faurecia, selon le communiqué.

Les deux constructeurs avaient annoncé le 31 octobre être tombés d’accord à l’unanimité sur le principe d’une fusion, où les actionnaires des deux groupes se partageraient à 50/50 le capital, au terme de diverses opérations financières, pour former un nouveau géant mondial de l’automobile, sans fermeture d’usine.

L’Etat français, qui s’était opposé à une fusion de Renault avec Fiat sans l’accord de Nissan, s’était déclaré favorable à un tel rapprochement qui permettrait de réaliser les investissements nécessaires à l’avènement de la voiture électrique et du véhicule autonome, qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros.

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